Au moins 35 candidats conservateurs ont refusé de participer à des débats avec leurs adversaires libéraux et néo-démocrates. Ces candidats ont invoqué des horaires trop chargés ou dit ne pas avoir l'autorisation des hautes instances du Parti conservateur. Les candidats conservateurs avaient utilisé la même tactique aux élections de 2008.

Mis à jour le 18 avr. 2011
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Ainsi, au Québec, la candidate conservatrice de Beauport-Limoilou, Sylvie Boucher, et celui dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Daniel Petit, ont écarté l'idée d'affronter leurs adversaires respectifs sur les ondes de la radio locale. Le candidat conservateur à Moncton-Riverview-Dieppe, Robert Goguen, a dit qu'il aimerait bien participer à un débat, mais «je n'ai pas encore trouvé le moyen de me fendre en deux».

Portant les couleurs conservatrices dans Nanaimo-Cowichan, John Koury a dit qu'il ne voulait pas prendre part à un débat où la députée et candidate néo-démocrate Jean Crowder amènerait ses partisans. «Je pense qu'il est plus utile de passer mon temps à rencontrer les gens dans leur porte d'entrée de leur maison», a-t-il dit.

Julian Fantino, ministre d'État aux aînés et candidat dans Vaughan, avait boycotté tous les débats lors de l'élection partielle qu'il a remportée en novembre dernier. Il compte utiliser la même tactique cette fois encore.

Dans Glengarry-Prescott-Russell, le conservateur Pierre Lemieux a levé le nez sur un débat en français proposé par l'ACFO (Association canadienne-française de l'Ontario) même si sa circonscription est majoritairement francophone. M. Lemieux, qui maîtrise mal la langue française malgré son nom, a invoqué un horaire trop chargé.

Pour la candidate libérale dans cette circonscription de l'Est ontarien, Julie Bourgeois, le refus de M. Lemieux de l'affronter durant un débat est totalement inacceptable. «Les débats, c'est un peu comme une entrevue que doivent passer les candidats pour obtenir le poste de député. C'est inconcevable qu'un député sortant lève ainsi le nez sur un débat en français dans ma région. Il y a 58% de francophones dans ma circonscription. C'est comme s'il refusait de se rendre à l'entrevue pour obtenir un emploi», a affirmé hier Mme Bourgeois.