TGV, Tramway, anneau de glace, agrandissement de l'aéroport: à toutes les demandes du maire de Québec, Gilles Duceppe dit oui. Le Bloc espère endiguer la vague conservatrice de 2008 dans la région de Québec Chaudière-Appalache, où il ne compte que 3 députés.

Mis à jour le 15 avr. 2011
Anabelle Nicoud LA PRESSE

À l'issue d'une rencontre avec Régis Labeaume, Gilles Duceppe a annoncé sans surprise qu'il acquiesçait à toutes les demandes de la capitale nationale. «C'est normal, pour nous, au Bloc québécois, la capitale nationale ce n'est pas Ottawa, c'est Québec», explique-t-il.

Noël avant l'heure

Le projet de tramway reçoit l'appui du Bloc, qui juge la proposition «très prometteuse» et voit dans le transport en commun une façon de «réduire la dépendance au pétrole». Le Bloc promet aussi de veiller à ce que le gouvernement fédéral finance bien l'agrandissement de l'aéroport Jean Lesage ainsi qu'il l'avait promis en mars.

Sans surprise là non plus, Gilles Duceppe appuie le projet de train à grande vitesse, un projet qu'il a lui-même défendu l'an dernier, ce qui n'avait pas manqué de susciter quelques moqueries du côté des conservateurs, qui ont renommé le futur TGV le «Duceppe Express». La construction d'un anneau de glace et la réfection du port de Québec ont aussi reçu l'aval du chef du Bloc.

Si la «liste d'épicerie» du maire, baptisée ainsi dans les médias locaux, a été ignorée par Stephen Harper plus tôt cette semaine, elle a trouvé un écho plus que positif du côté du Bloc. Gilles Duceppe se défend toutefois de copier les demandes du maire. «Notre plateforme a été faite avant que le maire n'écrive sa lettre. C'est pas un copié-collé. On a publiquement pris position», dit-il.

Mieux, Duceppe insiste sur la nécessité de financer au niveau fédéral l'amphithéâtre de Québec alors que l'édile de la capitale lui-même semblait avoir fait une croix sur cette option. «On les a les trois autres partis au pouvoir qui paient pour l'électricité de Terre-Neuve alors que nous au Québec on a payé seuls. M. Ignatieff dit qu'il va s'occuper du déficit de la centrale au Nouveau-Brunswick, énumère Duceppe. They're here for Canada, they say. Ben nous, on est là pour Québec».

Endiguer la vague bleue

Avec ces promesses, Gilles Duceppe espère regagner un électorat qui s'est massivement mobilisé pour les conservateurs lors des dernières élections fédérales. En 2008, le parti de Stephen Harper avait gagné 8 sièges dans la région, qui compte 11 députés. Les radios de Québec ne cachent pas leur animosité pour Gilles Duceppe, surnommé «gros yeux».

L'opposition de Stephen Harper au Colisée de Québec et le fait qu'il n'a pas rencontré le maire lors de son passage pourraient susciter des mécontentements, croit Gilles Duceppe. «Je peux vous dire qu'il y a un mécontentement. Largement, les candidats et les candidates le disent, l'accueil est très favorable. Mais je ne tiens rien pour acquis, dit-il. Tous les gestes que l'on pose veulent répondre aux attentes des gens c'est sûr.»

-Avec la collaboration de Paul Journet