Estimant que la situation du français s'est aggravée au cours des dernières années, l'ancien président de la Commission des États généraux sur la situation de la langue française, Gérald Larose, s'est joint aux candidats bloquistes Vivian Barbot et Jean Dorion, mardi, pour revendiquer une fois de plus que les entreprises de compétence fédérale soient soumises à la Loi 101 au Québec.

Lia Lévesque LA PRESSE CANADIENNE

M. Larose affirme que le français a reculé, tant au Québec qu'au Canada, depuis qu'il a tenu ses États généraux sur la situation de la langue française, en 2000-2001.«Ça s'est aggravé. Au détour des années 2000, on était sur un plateau. Les dernières statistiques nous disent que le français a reculé partout au Canada, y compris au Québec. Ce n'est pas une menace, c'est un recul net», a-t-il lancé, au cours d'une rencontre avec la presse.

Reconnu pour son langage coloré, M. Larose ne s'est pas gêné pour critiquer ceux qu'il appelle les «sépulcres blanchis», qui disent reconnaître la nation québécoise, mais refusent de reconnaître la langue officielle de cette nation dans les entreprises fédérales.

«Moi je pense qu'il ne faut faire aucun quartier avec tous ces sépulcres blanchis qui, du bout des lèvres, reconnaissent la nation québécoise, mais qui s'en foutent royalement, monsieur Harper le premier», a-t-il lancé. «Ces gens doivent être battus à plates coutures.»

Aujourd'hui président du Conseil de la souveraineté du Québec, M. Larose a également qualifié le chef conservateur Stephen Harper de «danger public», lui reprochant ses positions sociales, notamment face au jeune Omar Khadr, toujours détenu à Guantanamo, et sa vision économique.

«Harper est un danger public à plusieurs égards. Au plan économique, on s'en rend compte aussi. C'est un danger public au sens où c'est un homme qui tient un discours flatteur, flagorneur, assez bon sur le marketing: il joue du piano, il pince des cordes de guitare, il embrasse des bébés, mais ce premier ministre met en danger les droits fondamentaux des Québécois, mais aussi des Canadiens», a opiné l'ancien président de la CSN.

Mme Barbot, la candidate du Bloc dans Papineau, a prévenu que son parti reviendrait à la charge sans relâche, pour «ne pas laisser tomber les 200 000 travailleurs» québécois que cela concerne.

«La nation québécoise est attachée au français, au français comme langue publique commune et de travail. Si on reconnaît la nation québécoise, il faut qu'il y ait une signification concrète à cela, que ça ne soit pas qu'un cadeau vide», a tonné Jean Dorion, le candidat du Bloc dans Longueuil-Pierre Boucher.