Jean Charest exige que la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) condamne les actes de violence si elle veut participer à la table de discussion avec la ministre de l'Éducation et les fédérations étudiantes. Le premier ministre a posé cette condition lundi pour la plus radicale des trois organisations étudiantes.

Mis à jour le 16 avr. 2012
Pascale Breton et Émilie Bilodeau LA PRESSE

«Il y a des cocktails Molotov qui ont été déposés devant les bureaux de quatre élus, d'autres élus se sont retrouvés avec des bidons d'essence sur leur propriété privée, et il y a eu le saccage du bureau de la ministre Beauchamp. Il est temps de dire haut et fort que c'est inacceptable», a déclaré M. Charest lors d'un point de presse.

Plus tôt dans la journée, la CLASSE avait pourtant joint sa voix à celles des fédérations étudiantes collégiale et universitaire en se dissociant des actes de violence. Les trois organisations ont toutefois refusé de les condamner, affirmant qu'elles ne veulent pas se substituer aux tribunaux.

La Coalition, qui assure ne pas encourager la violence, devra durcir son discours sur le vandalisme si elle veut participer à la mise en place de la commission pour assurer une saine gestion des universités, annoncée dimanche par Line Beauchamp. «La FEUQ et la FECQ ont trouvé le moyen de s'en dissocier de manière claire, ce qui n'est pas le cas de la CLASSE, a dit M. Charest. La violence, ce n'est pas un débat de mots. Quand on intimide les gens et qu'on met des cocktails Molotov devant des bureaux de députés et qu'on saccage des bureaux, c'est inacceptable.»

La CLASSE veut discuter

Le co-porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a rappelé que c'est aux membres de décider, en assemblée générale, s'ils souhaitent condamner les gestes de vandalisme.

«La CLASSE se dissocie de ces gestes-là. Je réitère que ce ne sont pas des moyens qu'elle utilise, ce sont des moyens qu'elle n'a jamais utilisés. Cela dit, il y a assez de tribunaux au Québec pour condamner les gens», a-t-il assuré lors d'une conférence de presse tenue plus tôt dans la journée.

La CLASSE considère par ailleurs faire un geste d'ouverture en voulant s'asseoir avec la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, même si la question de la hausse des droits de scolarité - enjeu de la grève - n'est pas expressément à l'ordre du jour.

«La CLASSE prend acte de l'augmentation des tensions dans les derniers temps. La CLASSSE est prête à faire sa part pour contribuer à diminuer ces tensions. On est prêt à s'asseoir avec la ministre», a déclaré M. Nadeau-Dubois.

L'organisation réclame d'ailleurs sa place à cette table de discussion, au même titre que les fédérations étudiantes.

«Il est inacceptable d'exclure ainsi une association étudiante. C'est d'autant plus inacceptable que c'est l'organisation principale qui mène la lutte avec 47% des grévistes. La ministre ne peut ignorer la moitié des grévistes. Si elle veut arriver à une solution, la CLASSE doit en faire partie», a martelé la co-porte-parole, Jeanne Reynolds.

Réunion compromise?

La tenue d'une réunion est encore loin d'être inscrite aux agendas des organisations étudiantes et de la ministre.

Lundi encore, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a réaffirmé que la présence de la CLASSE est une condition sine qua non à la participation de la FEUQ.

«Si la ministre refuse, on va reconsidérer la chose avec nos associations, on va se consulter de nouveau. Mais présentement, mon mandat est très clair. Je dois exiger la présence de la CLASSE et de la FECQ», a indiqué Mme Desjardins, qui attend toujours un appel du cabinet de la ministre pour connaître la date de la rencontre.

De son côté, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) entend participer à la réunion coûte que coûte.

Les membres ont demandé «qu'on participe au processus de discussion le plus rapidement possible, parce que les gens sont inquiets pour leur trimestre. Les gens veulent que le conflit se règle. Ils pensent qu'on ne peut pas se passer d'un espace de discussion», a affirmé le président, Léo Bureau-Blouin.

Advenant cette situation, le premier point à l'ordre du jour serait de négocier la présence de la CLASSE à des réunions subséquentes, a-t-il ajouté.