Blocage du port, repli, nouveau blocage du port. C'est à un véritable jeu du chat et de la souris qu'ont été invités les policiers par les étudiants ce matin à Montréal.

Isabelle Audet et David Santerre LA PRESSE

La Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) avait promis hier une action de «perturbation économique» pour ce matin, avant la grande manifestation de l'après-midi. Ils ont tenu parole, et c'est le port qu'ils ont choisi comme cible.

Un groupe d'étudiants s'était formé au parc Émilie-Gamelin vers 8h. À un moment donné, ils se sont engouffrés dans le métro. Un groupe partant sur la ligne jaune vers Longueuil, un autre vers l'est sur la verte.

Ce dernier groupe a été rejoint par environ 200 manifestants au métro Cadillac. Tous sont descendus au terminus Honoré-Beaugrand pour marcher, voir même courir, sur plusieurs kilomètres.

Vers 9h, entre 300 et 400 jeunes sont arrivés de toute part devant l'entrée du port de Montréal, angle Notre-Dame et Boucherville.

Ils ont bloqué l'accès au port pendant une bonne demi-heure, empêchant des dizaines de camionneurs d'aller charger ou décharger leur marchandise.

Ils ont finalement été évincés par la police. Le ton a monté, mais les manifestants ont quitté sans affrontement. Ils ont fait mine de retourner au métro Honoré-Beaugrand.

«Nous sommes partis en raison de l'intervention rapide des policiers, mais nous avons réussi ce que nous voulions: bloquer le port et entraîner des conséquences économiques. C'est le seul langage que comprend le gouvernement», a alors déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE.

Pour lui, cette action était à ce moment terminée.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

La situation est devenue tendue, à un certain moment, entre les étudiants et les policiers au port de Montréal.

Mais quelques minutes plus tard, un groupe plus petit, d'environ 150 étudiants, est revenu à la course pour bloquer de nouveau la même entrée, prenant les policiers de court.

Si certains camionneurs coincés dans une interminable file semblaient fulminer, d'autres klaxonnaient, le sourire aux lèves, en guise d'appui à la cause étudiante.

«Le gouvernement peut bien trouver de l'argent pour eux. Ils sont le coeur de notre société», a indiqué l'un d'eux à La Presse.

Ce second blocage n'a duré que quelques minutes, les étudiants ont repris la rue Notre-Dame, vers l'est. Les manifestants se sont dispersés en fin d'avant-midi.

Les étudiants comptent maintenant manifester cet après-midi au centre-ville de Montréal. Environ 100 000 personnes sont attendues, place du Canada, dès 13h.