Une centaine d'étudiants ont eu beau manifester à l'extérieur d'une école secondaire où la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a pris la parole, vendredi matin au sud-ouest de Montréal, et l'attendre même à la sortie, celle-ci n'a pas bronché: la hausse des droits de scolarité annoncée s'appliquera à compter de l'automne prochain.

Mis à jour le 16 mars 2012
Lia Lévesque LA PRESSE CANADIENNE

Les manifestants de la Fédération étudiante collégiale et de la Fédération étudiante universitaire du Québec étaient calmes et il n'y a pas eu le moindre incident. Ils ont simplement fait valoir leur point de vue de nouveau, avec porte-voix, sirène et slogans, et ce, sous haute surveillance policière.

Interrogée à ce sujet, la ministre Beauchamp a maintenu le cap, répétant que peu importe le nombre de manifestants, les hausses annoncées des droits de scolarité seront maintenues.

«Nous persévérons dans notre décision, parce que nous savons qu'elle est nécessaire, qu'elle est juste et qu'elle est raisonnable. C'est pour un meilleur financement des universités, pour que le diplôme qu'on va chercher dans une université québécoise garde sa valeur, qu'on ait les meilleurs enseignants, les meilleurs équipements, les meilleurs équipements de recherche», a justifié la ministre Beauchamp.

Elle a rappelé qu'un gel des droits de scolarité maintenu d'année en année signifie que les universités reçoivent moins d'argent d'année en année, puisque leurs dépenses, elles, augmentent.

Elle a aussi indiqué que le programme de prêts et bourses sera bonifié afin de maintenir l'accessibilité des classes démunies et moyennes aux études supérieures. «C'est le meilleur régime de prêts et bourses à l'échelle du Canada. Notamment, le volet bourse est extrêmement important au Québec», a dit la ministre.

Les droits de scolarité seront haussés de 325 $ par année pendant cinq ans, à compter de l'automne prochain. Ils passeront ainsi de 2168 $ en 2011-2012 à 3793 $ en 2016-2017.

L'appui successif aux étudiants des centrales syndicales, de la Fédération interprofessionnelle de la santé et de parents ne l'a pas ébranlée non plus. Elle ne voit «pas d'élément nouveau» dans le fait que des syndicats appuient les associations étudiantes, puisqu'ils font souvent partie des mêmes coalitions ou alliances sociales que les étudiants.

Le mouvement étudiant ne s'essoufflera pas après le budget du 20 mars ni après la grande manifestation prévue le 22 mars, à laquelle des dizaines de milliers de manifestants sont attendus à Montréal. «Au contraire, on va continuer les protestations tant et aussi longtemps qu'il va le falloir», a promis Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale, présent à la manifestation de vendredi.

«Il y a d'autres événements après le 22 mars qui vont être annoncés. Même si la ministre ne recule pas au budget, ça ne va pas refroidir les troupes, bien au contraire. On va intensifier la pression», a-t-il ajouté.

Les étudiants manifestants voulaient interpeller la ministre Beauchamp, lorsqu'elle est sortie de l'école après son allocution et sa rencontre avec la presse, mais son véhicule est sorti rapidement du garage et les étudiants ont été tenus à distance par les policiers.

M. Bureau-Blouin a précisé que 200 000 étudiants des niveaux postsecondaires boycottent maintenant leurs cours dans l'ensemble du Québec, soit près d'un étudiant sur deux.

De son côté, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, a appuyé officiellement leur mouvement, vendredi. «La lutte que mènent les étudiants est celle de l'ensemble de la société québécoise. La hausse des frais de scolarité aura, entre autres, des conséquences directes sur l'accessibilité», a-t-elle affirmé.