Les élèves de l'école Saint-Gérard auront un nouveau toit pendant que seront effectués des travaux pour enlever les moisissures dans les murs de leur établissement scolaire. Ils déménageront le 20 février à l'école secondaire Georges-Vanier, dans des classes qui viennent tout juste de subir... un dégât d'eau.

Mis à jour le 19 janv. 2012
Émilie Bilodeau LA PRESSE

La présidente de la Commission scolaire de Montréal assure que des tests de qualité de l'air seront effectués avant l'arrivée des 424 enfants. «Il y a eu un dégât d'eau au 2e étage et comme dans n'importe quel dégât d'eau, il y a un protocole précis à suivre. Avec l'accompagnement de la santé publique, on va nous recommander des travaux et des matériaux à utiliser pour nous assurer que les prochains tests d'air seront bons», a promis Diane De Courcy lors d'un point de presse, jeudi soir.

La présidente du conseil de l'établissement, Chantal Laperrière, était surprise d'apprendre qu'il y aurait peut-être aussi de la moisissure dans les locaux où seront transférés les élèves, car c'est également un dégât d'eau qui est à l'origine des champignons qui ont causé la fermeture de l'école Saint-Gérard pour une période de 18 à 24 mois. L'asthme de son fils s'est d'ailleurs aggravé à cause de la mauvaise qualité de l'air dans sa classe. «On va encore être le chien de garde pour les mois à venir. Je vais demander d'avoir un rapport d'analyse de la qualité de l'air et demander qu'il y en ait un après les travaux. On ne remettra pas les enfants dans la même situation. Ça, c'est sûr.»

Mme Laperrière croit que la CSDM ne fera pas l'erreur de déménager les enfants dans un environnement ayant une

qualité de l'air douteuse. «Je pense que Georges-Vanier, c'est acceptable parce qu'on n'a pas de choix. On n'a pas d'autre endroit où aller. Est-ce que ce sont les conditions idéales? Non. Est-ce que ça va être Saint-Gérard? Non. Mais on n'est quand même pas dehors et il va falloir faire avec», dit-elle.

Depuis jeudi dernier, les élèves sont déplacés temporairement au Collège Ahuntsic. Ils étaient censés y rester jusqu'au 20 janvier, date qui concorde avec la rentrée des cégépiens. Les élèves du primaire y demeureront un peu plus longtemps que prévu, soit jusqu'au 17 février, afin de permettre la fin des travaux au collège Georges-Vanier.

La CSDM effectuera des rénovations pour réparer le dégât d'eau, mais aussi pour «faire une école primaire dans une école secondaire». La commission scolaire se plie à la demande de parents qui craignaient de voir leurs enfants du primaire côtoyer des adolescents. «C'est pour ça que ça demande des travaux. Il va y avoir des zones distinctes, des entrées séparées. Je ne suis pas en train de supposer que nos adolescents ne sont pas du bon monde, mais pour les parents du primaire, c'était important. Et c'était important de rester tous ensemble, alors c'est pour ça que nous avons choisi ce lieu.», déclare Mme De Courcy.

Le collège Ahuntsic a pour sa part libéré les locaux de la formation continue. Lors de la rentrée des cégépiens, les jeunes du primaire auront donc très peu d'occasions de les croiser.

Réactions positives

La directrice de l'école Saint-Gérard, Louise Beauchamp, assure que le personnel de son établissement est impatient de déménager à Georges-Vanier. «L'équipe-école était unanime à cet effet; ils veulent aller à Georges-Vanier. Si on leur demandait quand, ils diraient dès le 23 janvier», affirme-t-elle.

Plusieurs parents d'élèves semblaient également soulagés, hier soir. «C'est une bonne nouvelle. Ils vont se retrouver dans un endroit avec de bonnes conditions d'apprentissage et vont pouvoir se remettre à travailler. Concernant la qualité de l'air, j'ai tendance à leur faire confiance. Je crois qu'ils ont eu leur leçon avec l'école Saint-Gérard», dit Éric Giroux, le père de deux enfants.

Photo: Olivier PontBriand, La Presse

La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy.