Après l'école Baril, c'est au tour de l'école Hochelaga d'être temporairement fermée en raison de la présence de moisissures. Devant les problèmes sanitaires, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a annoncé hier qu'elle élaborera un Programme d'action sur la qualité de l'air intérieur au cours des trois prochains mois. Ce programme déterminera l'ordre d'intervention dans ses 200 bâtiments scolaires.

Mis à jour le 16 déc. 2011
Anabelle Nicoud LA PRESSE

La moitié du personnel de l'école Hochelaga et une quinzaine d'élèves ont éprouvé au moins un problème de santé probablement lié aux moisissures présentes dans le bâtiment, révèle une étude de la direction de santé publique (DSP) de l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Cinq employés et «cinq ou six» élèves ont d'ores et déjà été retirés de l'établissement.

Pour enrayer la contamination, l'école procédera à des travaux pendant les Fêtes. Après deux réunions avec le personnel de l'école et les parents d'élève, la CSDM a décidé de déplacer ses activités dès lundi, et ce, jusqu'au 23 janvier.

«Ça permet à tout le monde de reprendre son souffle. Quand on fait du ménage, c'est plus facile quand la maison est vide», illustre Diane De Courcy, la présidente de la CDSM.

Ironiquement, c'est à l'école Hochelaga qu'avait été déménagée une partie des élèves et du personnel de l'école Baril, fermée depuis le début de l'année pour des problèmes de moisissures.

«C'est sûr que si on avait su ça, on n'aurait pas fait ce choix», admet Mme De Courcy.

L'école Hochelaga a pourtant fait l'objet de plusieurs inspections au cours de l'été, qui n'ont pas révélé l'ampleur de la contamination.

«Il y a eu des inspections préventives, il y a eu des travaux pendant l'été pour un problème d'infiltration au sous-sol, dit Bruno Marchand, directeur du service des ressources matérielles de la CSDM. Techniquement, on n'avait pas de raison de croire qu'il y avait un problème à l'échelle de l'établissement. On n'avait aucune raison de croire que c'était problématique d'accueillir les élèves de l'école Baril.»

La révélation des résultats de l'enquête menée par la DSP a joué un rôle déterminant dans le plan d'action élaboré par la CSDM et sur les travaux prévus au cours des fêtes de fin d'année. Jusqu'à présent, les opérations se déroulent sans accrocs: parents d'élèves et syndicats soutiennent la CSDM.

Agir sur la qualité de l'air

Dans la foulée de l'annonce de la fermeture temporaire de l'école Hochelaga, la CSDM a dévoilé hier la mise en oeuvre de son «Programme d'action sur la qualité de l'air intérieur». Ce programme, élaboré sur 12 semaines, identifiera les zones à risque et l'ordre d'intervention dans les écoles. Au cours des 12 prochaines semaines, l'ensemble du parc immobilier de la CSDM (soit 200 bâtiments) sera inspecté.

«Le parc immobilier est âgé et il y a des savoirs scientifiques que l'on n'avait pas à l'époque de sa construction, explique Diane De Courcy. Mais avec les connaissances que l'on a maintenant, la question est suffisamment importante pour dire que ça prend un programme.»

La présidente de la CSDM qualifie le programme de «précis» et «ciblé», sans toutefois en révéler le contenu. Il est élaboré en collaboration avec plusieurs institutions publiques.

L'école hors les murs

Du 19 décembre au 23 janvier, l'école Hochelaga déplacera ses activités à l'Association sportive et communautaire du Centre-Sud et au Centre Jean-Claude-Malépart.

«Ce n'est pas un camp de jour, ce n'est pas non plus une école traditionnelle», explique Diane De Courcy.

Des navettes gratuites ont été mises en place pour assurer une transition en douceur pour les parents d'élève. Des boîtes à lunch seront aussi offertes aux enfants.

Pour les parents, cette «école autrement», comme l'a baptisée la CSDM, suscite tout de même son lot d'inquiétudes.

«La majorité des parents a été rassurée, mais des craintes restent pour les élèves en difficulté d'apprentissage. C'est beaucoup de changements», note Mariève Lafortune, présidente du conseil d'établissement de l'école Hochelaga.

Le problème de moisissures et d'humidité n'est malheureusement pas le lot des seules écoles publiques, dans le quartier Hochelaga. «C'est un problème plus large: 25% des logements du quartier en sont atteints», poursuit-elle.

Enfin, l'Alliance des professeurs de Montréal attend les résultats des analyses sanitaires qui seront réalisées en janvier, une fois les travaux terminés. «Je veux avoir les résultats avant qu'il y ait réintégration des élèves et du personnel. Pour le moment, on est satisfaits de ce qui est fait, mais on va garder un oeil très vif sur la suite des choses», dit Josée Tétreault, de l'Alliance.