Les élèves qui veulent suivre un cours en formation professionnelle doivent s'armer de patience. Certains programmes, principalement en santé et en construction, sont si populaires qu'il faut compter jusqu'à un an d'attente.

Pascale Breton LA PRESSE

En électricité, les écoles s'inquiètent même de surcharger le marché du travail et de former de futurs chômeurs. Ainsi, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n'offre plus le cours à de nouveaux élèves depuis cet automne à l'École des métiers de la construction.

«Pour quelques années, il y a moins de groupes qui vont sortir. Une lettre a été envoyée aux candidats en attente en juin pour leur expliquer la situation», explique Michèle Gagnier, analyste au réseau de la formation professionnelle à la CSDM.

Plusieurs écoles font face à la même situation. À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), on compte un an d'attente en électricité. Une cinquantaine de candidats sont inscrits sur la liste d'attente. À Sherbrooke, les nouveaux cours ne commencent qu'en 2014. La situation inquiète la Fédération des commissions scolaires du Québec. À ce jour, elle a recensé 7000 élèves en attente d'une admission dans la province. Et encore, seulement le tiers des commissions scolaires ont été interrogées, souligne la présidente, Josée Bouchard.

«Nous avons besoin de l'ouverture du ministère de l'Éducation pour venir changer des pratiques. Ce n'est pas acceptable», s'indigne Mme Bouchard.

Dans la région de Montréal, plusieurs programmes sont contingentés. À la CSDM, une centaine de personnes sont inscrites sur la liste d'attente en mécanique d'engins de chantier et véhicules lourds, tandis que 89 sont en attente pour le cours de charpenterie-menuiserie.

Quelque 200 élèves attendent aussi d'être admis dans le cours de mécanique d'ascenseur. «Nous sommes la seule école en Amérique du Nord à offrir le cours», précise Michèle Gagnier.

En santé, plus d'un millier de candidats présentent une demande pour le cours d'infirmière auxiliaire chaque année à la CSDM. La moitié seulement est acceptée.

À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, environ 140 personnes sont en attente pour le cours de mécanique de machines fixes qui commence en août 2012. Il y a aussi un an d'attente en réfrigération et en photographie.

Si certains cours sont trop populaires, d'autres manquent carrément de candidats.

C'est le cas dans les programmes de matériaux composites - volet aéronautique, techniques d'usinage, service de technique d'équipement bureautique, réparation d'appareils électroniques audiovidéo et calorifugeage, qui consiste en l'isolation des tuyaux des bâtiments industriels.

Pourtant, les besoins sont grands sur le marché du travail. «Ce sont des programmes mal connus. On essaie de voir comment on pourrait attirer les gens à suivre ces programmes», explique Sylvie Chartrand, directrice du service de la formation professionnelle à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.