Décidées à vouloir faire taire ceux qui souhaitent leur abolition, les commissions scolaires entreprendront un virage à 180 degrés cet automne visant à simplifier leur administration et à redonner à l'école publique ses lettres de noblesse.

Mis à jour le 28 août 2011
Annie Mathieu LA PRESSE CANADIENNE

C'est ce qu'a annoncé dimanche la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, au terme du conseil général des présidents de commissions scolaires francophones du Québec, tenu à Québec au cours de la fin de semaine.

En entrevue avec La Presse Canadienne, Mme Bouchard a affirmé que les élus scolaires étaient déterminés à transformer leur mode de fonctionnement pour s'attaquer à la réussite scolaire des Québécois.

«Ce qu'on veut dire à la population, c'est qu'on a compris, on sent qu'il faut changer nos façons de faire, nos façons de travailler, notre façon peut-être de demander des comptes et d'en rendre aussi», a-t-elle précisé.

Au cours des prochaines semaines, la FCSQ présentera un plan d'action comprenant une série de mesures pour simplifier l'administration des commissions scolaires et redorer le blason des écoles publiques.

«C'est vraiment une approche qui visera à mobiliser la population québécoise en faveur de l'éducation publique mais aussi, à changer nos façons de faire pour renouveler la gouvernance et la gestion des commissions scolaires», a expliqué Mme Bouchard, ajoutant qu'elle savait que la population avait de grandes attentes à ce sujet.

Josée Bouchard avait néanmoins peu de détails sur la nature de ces mesures, se contentant de préciser qu'elles seraient «concrètes» et qu'elles auraient certainement un impact sur l'ordre du jour des conseils des commissaires au Québec.

«C'est un engagement, c'est un virage à 180 degrés que les élus scolaires s'apprêtent à faire et je pense que tout cela aussi contribuera à donner un sens à la démocratie scolaire», a soutenu la présidente.

Mme Bouchard a par ailleurs promis que les projecteurs seraient braqués sur les résultats des élèves et leur potentiel et ce, afin de favoriser leur diplomation.

«On va surtout se parler des enfants et des jeunes adultes qui reviennent à l'école et qui poursuivent leur cheminement par l'éducation des adultes et la formation professionnelle», a-t-elle précisé.

La FCSQ entend par ailleurs travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du Québec et avec les directions des établissements scolaires.

«On le sait qu'il y a un groupe de la FQDE (Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement) qui critique vertement les commissions scolaires et qui rêvent de les abolir. Je ne pense pas que c'est une façon de faire», a soutenu Josée Bouchard, ajoutant qu'elle ne croyait pas que la population du Québec avait envie d'un nouveau débat de structure.

Par ailleurs, la FCSQ ne s'attend pas à une résistance de la part du milieu face aux changements à venir.

«On ne voit pas pourquoi nos partenaires et bien sûr, le gouvernement au premier chef, pourraient être en désaccord sur le fait de travailler sur la simplification de notre administration publique mais aussi, pour la réussite de nos élèves», a soutenu Josée Bouchard.

«Nous sommes plus déterminés que jamais à réussir cette belle aventure», a conclu la présidente.