Si les élèves qui s'inscrivent aux cours d'été mettent en veilleuse une partie de leur congé estival, il en va de même de leurs parents, qui doivent parfois renoncer aux vacances familiales.

Mis à jour le 19 juill. 2011
Pascale Breton LA PRESSE

Certains ne sont d'ailleurs pas très heureux au moment d'aller inscrire leurs enfants aux cours d'été, en plein coeur de juillet.

«Mes parents étaient un peu fâchés au début, mais ils savent que c'est nécessaire pour que je réussisse mon année», reconnaît Ben, élève de troisième secondaire inscrit en mathématiques à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.

Les élèves savent que, s'ils veulent réussir leur année, être acceptés au cégep ou admis dans une école privée, ils n'ont pas le choix.

Même s'ils sont parfois mécontents, les parents sont au rendez-vous pour inciter leurs enfants à assister aux cours, souligne la directrice des cours d'été à la commission scolaire des Patriotes, Jocelyne Bartholini.

«Pour des parents qui ont deux enfants inscrits au cours d'été, ça leur fait 600$. La motivation à la maison est plus forte. Les cours d'été mettent aussi en veilleuse les vacances. Les parents ne sont pas tous heureux quand ils viennent inscrire leurs enfants.»

Des parents doivent annuler ou raccourcir des vacances planifiées depuis longtemps; d'autres paient le cours mais exigent que leur enfant les rembourse, de façon à le responsabiliser.

«Évidemment, c'est du cas par cas», nuance la directrice adjointe des services éducatifs de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Stéphanie Lapointe.

Certains élèves sont abonnés aux cours d'été. D'autres font face à de réelles difficultés d'apprentissage, malgré les efforts qu'ils consacrent à leurs études. Pour la plupart, les cours d'été représentent le coup de pouce dont ils ont besoin pour assimiler la matière et passer au degré suivant.

Beaucoup d'élèves rencontrés hier se disent d'ailleurs motivés à suivre les cours d'été, même s'ils préféreraient être à l'extérieur avec leurs amis.

«Je n'ai pas le choix», lance Adèle, rencontrée dans le couloir de l'école secondaire Mont-Royal. Elle reprend son cours d'histoire de quatrième secondaire, essentiel à l'obtention de son diplôme.

«Les cours d'été sont très utiles et je trouve que les élèves sont plus concentrés», explique la jeune fille, qui se décrit comme une «habituée» des cours d'été. Elle en a suivi presque chaque année depuis le début de son secondaire.

Marie-Laure en est pour sa part à son premier cours d'été. Elle voulait améliorer ses connaissances, car ses notes sont insuffisantes en mathématiques. «Je prends ça positivement. J'aurai un bon bagage pour commencer ma quatrième secondaire. Le prof explique bien, je comprends mieux.»

David, lui, avoue qu'il ressent tellement de stress au moment d'un examen qu'il en perd ses moyens. C'est la raison pour laquelle il doit refaire son cours de mathématiques. «C'est certain que ce n'est pas toujours plaisant, mais je me dis que c'est juste le matin», philosophe-t-il.

L'équipe d'enseignants est souvent la même d'un été à l'autre. Un avantage pour les commissions scolaires, qui peuvent ainsi compter sur des enseignants d'expérience.

Samorn Sing, qui enseigne les mathématiques en troisième secondaire à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, aime bien le concept estival.

«J'aime cela parce que c'est relaxe. Il n'y a pratiquement pas de discipline à faire», explique-t-il: la plupart des élèves arrivent très motivés.

Ils ont intérêt à l'être, car l'enseignant révise pratiquement toute la matière de l'année. «Ce n'est pas un cours facile», dit M. Sing, qui ajoute que les élèves ont en moyenne une heure de travail par jour à faire à la maison. «Si les élèves travaillent bien, ils sortent du cours d'été avec une bonne base pour rattraper la quatrième secondaire.»

Plusieurs écoles privées offrent aussi des cours d'été. À l'école secondaire Duval, les élèves peuvent même s'inscrire à plus d'un cours puisqu'il s'en donne tant le matin que l'après-midi.

Pour réussir, l'élève doit toutefois se donner des conditions optimales, croit le directeur des études, Karl Duval. Entre les cours d'été, les cours de conduite, le travail à temps partiel et la vie sociale, certains ne choisissent pas les bonnes priorités, dit-il. «Il faut être en mesure de ne se consacrer à peu près qu'à cela [aux cours d'été]. Il faut se donner les moyens de réussir.»