Pour des milliers d'élèves, le mois de juillet sonne la rentrée des classes: ceux qui ont obtenu un échec au terme de leur année scolaire tentent ces jours-ci de se reprendre avec les cours d'été. Cette deuxième chance coûte cher aux parents, sans compter qu'ils doivent souvent faire une croix sur les vacances.

Mis à jour le 19 juill. 2011
Pascale Breton LA PRESSE

Les cours d'été qui se donnent au Québec sont loin d'être uniformes. Si les matières enseignées sont les mêmes partout, le contenu des cours varie considérablement.

Même le coût diffère d'un endroit à l'autre. Dans la grande région de Montréal, les parents devront débourser de 85 à 325 $ par enfant, selon l'endroit où ils habitent. Dans les écoles privées, la facture peut atteindre 400 $.

Le ministère de l'Éducation n'est pas responsable du contenu des cours d'été, explique la porte-parole Esther Chouinard. «Il appartient aux commissions scolaires de s'assurer que ces cours sont conformes aux programmes officiels.»

Les cours durent de trois à cinq semaines selon les commissions scolaires. Certaines offrent des programmes de 45 heures, d'autres, de 60 heures.

À certains endroits, l'élève n'est évalué qu'une fois, à la fin du cours - l'enseignant juge s'il obtient la note de passage. Ailleurs, les élèves rapportent à la maison des devoirs et des leçons, et ils sont évalués régulièrement.

Difficile de mesurer la rigueur de ces cours. Au printemps, des enseignants de l'Alliance des professeurs avaient d'ailleurs dénoncé dans La Presse la facilité déconcertante avec laquelle des élèves en situation d'échec à la Commission scolaire de Montréal obtenaient la note de passage après un cours d'été.

«C'est un service d'appoint que nous offrons, fait valoir la porte-parole de la Commission scolaire de Montréal, Nathalie Roberge. Les cours d'été ne visent pas à condenser une année de classe. Ils veulent remédier à quelques lacunes qui peuvent être comblées en ciblant ces apprentissages de manière intensive.»

La CSDM entend toutefois analyser les résultats des élèves, à l'automne, pour voir s'il y a lieu de réviser les pratiques. «Nous allons étudier les notes obtenues aux cours d'été par rapport au cheminement scolaire de l'élève (en 2010) afin de voir s'il y a une incidence ou non», précise Mme Roberge.

Rigueur et travail au programme

D'autres commissions scolaires se défendent d'offrir des cours trop faciles. Certaines exigent même que les élèves, pour avoir le droit de s'inscrire, aient obtenu une note de 50 à 59% et aient une recommandation de la direction de leur école.

L'accès aux cours d'été n'est pas automatique, explique la directrice adjointe aux services éducatifs à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), Stéphanie Lapointe. «Si l'élève a 52% dans une discipline mais qu'il échoue en français, en mathématiques, un peu partout, il fera plutôt une reprise entière.»

À la CSMB, le taux de réussite varie de 65 à 70%. Le cours d'été permet de repasser l'essentiel de la matière vue pendant l'année en ciblant les difficultés des élèves.

Les cours sont construits avec l'aide d'un conseiller pédagogique, et plusieurs enseignants reviennent d'année en année, assurant une équipe de qualité, ajoute Mme Lapointe.

Depuis quelques années, la commission scolaire note par ailleurs une hausse du nombre d'élèves qui s'inscrivent à un cours d'été même s'il n'est pas, a priori, obligatoire pour l'examen qu'ils veulent repasser. Ce taux est passé de 37% en 2007 à 59,4% l'an dernier.

«Les élèves qui vont au cours, qui sont assis au cours, réussissent mieux», affirme Mme Lapointe.

À la commission scolaire des Patriotes, en Montérégie, le programme des cours d'été est établi avec sérieux. Quatre conseillers pédagogiques travaillent de concert avec les enseignants.

«Ils forment les groupes selon les compétences manquées, font les examens, évaluent les élèves. C'est vraiment sérieux», explique la directrice des cours d'été, Jocelyne Bartholini.

Au moment de l'inscription, l'élève rencontre un conseiller pédagogique, lequel, à la lecture de son bulletin, lui indique la compétence à reprendre. Tous les élèves de troisième secondaire qui ont des lacunes en français lecture, par exemple, seront réunis, tandis qu'un autre groupe travaillera plutôt l'écriture.

Le fait que les groupes soient restreints - moins d'une quinzaine d'élèves à la commission scolaire des Patriotes - accentue la motivation. «Les élèves savent aussi très bien qu'ils n'ont pas le choix : ils passent leur cours d'été ou ils ratent une année», indique Mme Bartholini.

La Commission scolaire de Laval a pour sa part revu ses programmes en 2009 avec l'aide d'une conseillère pédagogique. Avant, tout élève qui avait un échec pouvait se reprendre. Désormais, seuls ceux dont la note va de 55 à 59% peuvent espérer passer leur année après avoir suivi un cours d'été.

«Nous avons repensé les programmes pour permettre une meilleure efficacité afin que ce soit bénéfique aux élèves», indique la porte-parole de la commission scolaire, Stella Duval.

En mathématiques, dès le premier cours, les élèves passent un examen pour mieux cibler leurs difficultés. Ils sont également évalués constamment en cours d'apprentissage et, à la fin, ils subissent une épreuve conçue par la commission scolaire ou l'enseignant pose un jugement global sur leur rendement.