Une manifestation étudiante organisée pour protester contre la hausse des frais de scolarité a tourné au vinaigre cet après-midi à Montréal.

Daphné Cameron LA PRESSE

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déployé son escouade tactique après qu'une soixantaine de personnes se soient introduites à l'intérieur d'un édifice du centre-ville qui abrite les locaux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

En tout, cinq personnes ont été arrêtées pour voies de fait et menaces contre des policiers. Deux voitures-patrouille et quelques voitures de luxe ont également été vandalisées.

La manifestation avait pourtant débuté dans le calme. Quelques milliers d'étudiants ont marché dans les rues du centre-ville durant l'après-midi pour s'opposer aux mesures du dernier budget Bachand, qui prévoit des hausses des frais de scolarité de 325 $ par année à partir de l'année scolaire 2012-2013 et ce, jusqu'en 2016-2017. Actuellement, un étudiant débourse 2168 $ annuellement. En 2016-2017, les droits atteindront 3793 $.

Le rassemblement s'est déroulé sous haute présence policière. L'hélicoptère de la Sûreté du Québec a survolé le centre-ville, et la cavalerie et les policiers à vélo du Service de police de Montréal ont encadré la manifestation. La marche s'est terminée par un sit-in devant les bureaux de Jean Charest, situés angle McGill College et Sherbrooke Ouest.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Vers 16h, un groupe d'environ 300 personnes s'est détaché du lot pour se rendre au 500 Sherbrooke Ouest, l'édifice Loto-Québec où sont situés les locaux de la CREPUQ. Selon l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) -qui a organisé l'événement-, ils venaient donner leur appui à une quarantaine de personnes qui venaient tout juste de s'introduire dans les bureaux de la CREPUQ. Ces derniers ont fini par quitter après avoir reçu un avis des forces de l'ordre.

Au même moment, une vingtaine d'autres manifestants se sont massés dans le lobby de l'édifice. Les policiers du SPVM ont rapidement déployé des gaz poivre pour les évincer. D'après Anie Lemieux, porte-parole au SPVM, une employée de l'immeuble se serait fracturé le bras après une bousculade avec un manifestant.

Vers 16h15, la violence a monté d'un cran devant l'édifice Loto-Québec. Policiers et manifestants ont commencé à échanger des coups. C'est alors que le groupe tactique d'intervention de la police de Montréal et la cavalerie ont procédé à l'évacuation de la rue Sherbrooke. Des bombes au gaz poivre ont été tirées pour disperser la foule.

Environ 50 000 étudiants des quatre coins du Québec étaient en grève hier afin d'exercer divers moyens de pression. Parmi la foule présente à la manifestation montréalaise, on retrouvait des étudiants universitaires, mais aussi un très grand nombre d'étudiants du cégep, qui risquent d'être les plus affectés par ces hausses.

«Depuis son premier mandat, le gouvernement libéral multiplie les attaques à l'accessibilité aux études. Entre 2007 et 2017, le coût d'une année à l'université aura plus que doublé. C'en est trop! Nous n'accepterons pas cette hausse de frais. Nous irons jusqu'au bout pour faire reculer le gouvernement», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l'ASSÉ.