Deux semaines après l'annonce d'une hausse des frais de scolarité, presque 60 000 étudiants de partout au Québec feront grève, jeudi, pour lancer un avertissement au gouvernement: leur colère n'ira pas en diminuant.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE CANADIENNE

La journée de débrayage coïncide avec une manifestation à Montréal, organisée par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l'ASSÉ, le nombre de manifestants devrait se compter en milliers.

La journée a pour objectif de démontrer au gouvernement libéral que les étudiants sont prêts à faire la grève et qu'ils sont déterminés à aller jusqu'au bout pour contrer sa hausse des frais, a fait valoir M. Nadeau-Dubois.

Six facultés sur les sept que compte l'Université du Québec à Montréal (UQAM) seront en grève, tout comme certaines associations étudiantes de l'Université de Montréal, de l'Université de Sherbrooke, de l'Université Laval et de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Les départements de sciences sociales sont surtout concernés.

Les étudiants des cégeps de Sherbrooke, de Saint-Jérôme, Lionel-Groulx et Marie-Victorin feront aussi grève.

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a annoncé le 17 mars dernier que les droits de scolarité des étudiants québécois augmenteront de 325 $ par année pendant cinq ans, pour retourner à leur niveau de 1968.

À terme, il s'agit d'une hausse de 1625 $ ou 75%. Le Québec resterait tout de même en-dessus de la moyenne canadienne, argue le gouvernement.

Depuis cette annonce, les occupations de bureaux et les actions de perturbation se sont multipliées. Des députés du gouvernement, des ministres et l'aile jeunesse du Parti libéral du Québec ont notamment fait les frais du mécontentement des étudiants.

La semaine dernière, des militants de l'ASSÉ ont d'ailleurs très brièvement occupé les bureaux montréalais du ministre des Finances, avant de se diriger vers ceux de Jean Charest, où ils ont été bloqués par des policiers.