Les jeunes Québécois sont suffisamment bilingues, estime le président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Mario Beaulieu.

Mis à jour le 6 mars 2011
Valérie Simard LA PRESSE

Dans une lettre ouverte coécrite avec le porte-parole du Mouvement français Montréal et comédien, Denis Trudel, M. Beaulieu dénonce l'intention du gouvernement Charest d'obliger, d'ici cinq ans, tous les élèves de 6e année à consacrer la moitié de leur année à l'apprentissage intensif de l'anglais.

«Il y a présentement au Québec suffisamment de jeunes bilingues pour répondre à la demande du marché du travail», a déclaré Mario Beaulieu lors d'une entrevue accordée à La Presse. Il appuie ses dires sur une étude de Statistiques Canada, réalisée en 2006, selon laquelle 85 % des jeunes francophones du Québec ont évalué leur aptitude en anglais comme étant de passable à excellente.

«Les entreprises exigent de plus en plus la connaissance de l'anglais de façon injustifiée, même pour des emplois en région entièrement francophones, écrivent Mario Beaulieu et Denis Trudel dans la lettre publiée sur les sites internet de leurs organismes. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que des parents francophones soient catastrophés à l'idée que leurs enfants ne soient pas suffisamment bilingues à la sortie du secondaire. »

Selon Mario Beaulieu, l'introduction de l'anglais intensif en 6e année est inutile, particulièrement à Montréal. «Avec l'immersion qu'ils vivent, les jeunes Montréalais n'ont surtout pas besoin de cours d'anglais. En région, il faudrait évaluer la situation. Nous ne sommes pas contre l'apprentissage de l'anglais, mais nous sommes contre l'immersion mur-à-mur.»

Anglicisation du Québec



Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal craint par ailleurs qu'une immersion obligatoire en anglais en 6e année précipite l'anglicisation du Québec. Plutôt que de favoriser l'apprentissage de l'anglais, Mario Beaulieu croit que le gouvernement Charest devrait miser sur le renforcement du français ou même, pour des raisons économiques, sur l'enseignement d'autres langues comme l'espagnol ou le mandarin.

Il indique que le gouvernement pourrait améliorer l'apprentissage de l'anglais en rapatriant simplement les heures d'enseignement consacrées à l'anglais au primaire pour les concentrer dans les premières années du secondaire, ce qui, selon lui, ne nuirait pas à l'apprentissage du français.