Les enfants issus de familles nanties ou de la classe moyenne sont trois fois plus susceptibles d'être touchés par la dépression que ceux de milieux défavorisés.

Marie-Claude Malboeuf LA PRESSE

La psychologue et chercheuse Lise Bergeron est arrivée à cette conclusion surprenante au terme de l'Enquête sur la santé mentale des jeunes Québécois. Des chercheurs new-yorkais ont observé le même phénomène.

«Cette découverte mérite d'être approfondie. Les parents plus fortunés sont peut-être moins présents pour leurs enfants ou ont peut-être des attentes plus élevées», avance la Dre Bergeron.

«Certains enfants sont très poussés, confirme le pédo-psychiatre Sylvain Pallardy, responsable des tout-petits à l'hôpital Sainte-Justine. Et c'est lourd à porter, le devoir d'être parfait. On voit des enfants qui se demandent toujours si leur papa sera content.»

Avant les Fêtes, une porte-parole de Postes Canada en a eu la preuve dans une lettre envoyée au père Noël: «Ma petite-fille a commencé la maternelle, indique une missive signée Mamie. Son problème, c'est qu'elle veut toujours faire mieux pour que son père soit fier d'elle. Elle refuse souvent de s'amuser pour performer. Je lui ai expliqué que le jeu est important, mais peut-être que si c'est le père Noël qui le dit, elle va le croire.»