Ensemble, les universités québécoises totalisent désormais un déficit accumulé de 453 millions, soit 25 millions de plus qu'au 31 mai 2008. Pour donner un ordre de grandeur, 453 millions, c'est un peu plus qu'un Colisée et c'est aussi, grosso modo, le coût de trois avions militaires F-35. Comment sortir de ce marasme? Pendant que certains proposent d'augmenter les droits de scolarité, d'autres considèrent que les universités ont encore pas mal de ménage à faire dans leur cour.

Louise Leduc LA PRESSE

L'Université du Québec, mis à part celle de Montréal, équilibre désormais son budget. Idem pour les universités Laval, Concordia, Bishop's et Sherbrooke. À l'inverse, l'Université McGill, l'Université de Montréal et l'UQAM s'enfoncent dans le rouge.

Ces données toutes fraîches pour l'exercice terminé le 31 mai 2009, que La Presse a obtenues de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), témoignent bien de la côte énorme à remonter.

Ainsi, si l'Université Laval réussit enfin à équilibrer son budget annuel, elle traîne un déficit accumulé de 96 millions. C'est plus que l'Université McGill (déficit accumulé de 72 millions) mais moins que l'Université de Montréal (139 millions). Le déficit accumulé de l'UQAM, qui s'est creusé de 2,3 millions cette année, atteint 67 millions.

Déjà pas très jolis, ces chiffres le seront encore moins l'an prochain, quand les résultats de l'exercice en cours seront dévoilés. C'est que, pour la première fois, ce ne seront plus les normes comptables du ministère de l'Éducation qui seront mises en application, mais les plus officiels principes comptables généralement reconnus (PCGR).

«Avec les nouvelles règles, les déficits devraient s'alourdir puisqu'elles tiendront désormais compte, notamment, des vacances à payer aux employés», indique Valérie Beauchamp, chargée de recherche à la CREPUQ.

Daniel Zizian, président-directeur général de la CREPUQ, salue pour sa part les efforts des universités, qui se sont traduits, au 31 mai 2009, par des déficits moindres que l'année précédente. «L'Université de Montréal, par exemple, avait conclu l'année au 31 mai 2008 avec un déficit de 32 millions. Cette fois, il est de 5,3 millions.»

Si les universités se sont moins enlisées cette année, c'est parce qu'elles ont bénéficié, note M. Zizian, d'un réinvestissement budgétaire en 2008-2009 et qu'elles ont pratiqué des coupes sévères. L'ennui, c'est que les ressources ont tellement fondu qu'elles leur permettent à peine, aujourd'hui, «de remplir leur mission».

Sophie Langlois, porte-parole de l'Université de Montréal, indique pour sa part que son établissement a convenu avec le gouvernement du Québec d'un plan pour «atteindre l'équilibre budgétaire l'an prochain» et évoque les importantes compressions réalisées dans les dernières années.

Comment économiser davantage, alors, pour équilibrer ses finances? À cette question, Mme Langlois nous renvoie à la position officielle de l'Université de Montréal, que le recteur Guy Breton a exprimée il y a quelques semaines en commission parlementaire: la formule de financement «est mal adaptée à la réalité d'une université comme la nôtre».

L'Université McGill n'a pas offert de commentaires.

Au ministère de l'Éducation, l'attaché de presse Dave Leclerc a simplement dit que la ministre Line Beauchamp allait sous peu faire une annonce pour convoquer «les acteurs de l'éducation» à un forum au cours duquel le financement des universités sera abordé, entre autres sujets.