C'est la rentrée aujourd'hui pour les 435 000 élèves du secondaire au Québec. Nouveau milieu, nouveaux amis, présence d'élèves plus âgés... Pour des centaines d'entre eux, cette journée sera très angoissante. «Les écoliers qui entrent au secondaire sont stressés. Ils ont principalement peur de se perdre, de ne pas avoir d'amis, de ne pas réussir et de se faire intimider», affirme Diane Marcotte, professeure de psychologie à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), qui a mené plusieurs études sur le sujet.

Mis à jour le 26 août 2010
Ariane Lacoursière LA PRESSE

Une bonne nouvelle, toutefois: 93% des jeunes ont hâte d'entrer au secondaire. «Ils sont contents d'y aller et de rencontrer du nouveau monde. Ils sont simplement craintifs», précise Mme Marcotte.

Pour faciliter la transition, la professeure recommande aux écoles d'aider les élèves à se familiariser avec leur milieu. «Par exemple, en faisant une chasse au trésor dans les premières journées, on aide les élèves à s'approprier les lieux», note-t-elle.

Les parents ont aussi un rôle à jouer pour rassurer leur enfant. «S'il sait déjà quel autobus il doit prendre, s'il a tout le matériel requis rapidement, ça aide», indique Mme Marcotte.

Nouveaux amis

La rentrée scolaire est aussi l'occasion pour plusieurs adolescents de se faire de nouveaux amis. Une étude menée récemment par le chercheur Stéphane Cantin, de l'Université de Montréal, montre que les adolescents ont tendance à tisser des liens d'amitié avec des gens qui ont une perception de leur apparence physique semblable à la leur.

Des adolescents qui ne se trouvent pas attirants auront tendance à se tenir avec d'autres personnes ayant la même impression.

Pour tirer cette conclusion, M. Cantin a interrogé 594 élèves d'une école secondaire de la grande région de Montréal. Il leur a posé une série de questions sur leur apparence physique et sur leurs liens d'amitié.

«Beaucoup d'études ont été menées sur l'insatisfaction à l'égard de son image corporelle. On sait que c'est au début de l'adolescence que les jeunes sont le plus enclins à être insatisfaits de leur image. Surtout les filles», explique M. Cantin. Ses recherches ont confirmé que les filles de première secondaire sont généralement moins satisfaites de leur image corporelle que leurs camarades masculins. «Et en deuxième secondaire, la différence entre les gars et les filles s'accroît», ajoute M. Cantin.

Les adolescentes ont aussi plus tendance que les garçons à discuter de leur apparence physique avec leurs amies.

Le fait que les adolescents insatisfaits de leur image corporelle aient tendance à se tenir ensemble n'est pas sans conséquence. «La perception qu'ont les jeunes de leur corps a beaucoup d'impact, surtout à l'adolescence, car l'estime de soi y est intimement liée, explique M. Cantin. Plusieurs études ont d'ailleurs démontré que l'insatisfaction à l'égard de l'image corporelle a un lien avec les troubles alimentaires et la détresse psychologique.»