Alors que le renouveau pédagogique était censé améliorer la réussite des élèves en difficulté, ils échouent toujours autant, selon le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent. La nouvelle ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, doit donc dès maintenant régler le problème de l'intégration de ces élèves.

Mis à jour le 25 août 2010
Ariane Lacoursière LA PRESSE

«On a démontré les impacts néfastes de l'intégration massive. La détresse du personnel est partout. Les profs ne font plus de miracles, ils font des burnout. Il faut que les classes redeviennent «enseignables»», exige M.Parent.

Selon lui, Mme Beauchamp doit faire preuve de «courage politique» et «se donner les vrais moyens pour améliorer le taux de réussite des élèves québécois».

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) abonde dans ce sens. Même si la FSE se réjouit de l'arrivée d'une nouvelle ministre de l'Éducation, du report du bulletin unique et de la signature d'une nouvelle entente, elle promet de continuer de lutter pour mieux encadrer l'intégration des élèves en difficulté.

«Ça reste notre priorité. Jean Charest a avoué qu'on était allé trop loin avec l'intégration. Nous, ça fait longtemps qu'on le dit. On a des solutions pour améliorer la situation. Il faut que ça aboutisse dans la prochaine année», affirme la présidente de la FSE, Manon Bernard.

Mme Bernard souhaite que les élèves en difficulté soient évalués avant d'être intégrés dans les classes ordinaires et que suffisamment de ressources soient mises à leur disposition.

La CSQ et la FSE rappellent que le gouvernement Charest a promis de tenir un forum sur l'éducation à l'automne; elles souhaitent que la question de l'intégration des élèves en difficulté y soit abordée. «On a de grandes attentes par rapport à ce forum», a dit Mme Bernard.

Du côté de la Fédération des professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ), on compte s'assurer que le gouvernement respectera sa promesse d'ajouter 380 professionnels (orthophonistes, psychologues...) dans les écoles dans les cinq prochaines années. «Dans le dernier plan pour contrer le décrochage scolaire, l'ancienne ministre n'avait fait aucune place aux professionnels. On va s'assurer que la nouvelle ministre ne nous oublie pas», dit le président de la FPPE, Jean Falardeau.