Des documents de la police militaire font état d'agressions sexuelles et de disputes entre conjoints survenues sur ou à proximité de bases des Forces canadiennes, gestes que des conseillers imputent aux multiples séjours de soldats en Afghanistan.

LA PRESSE CANADIENNE

Ces documents dressent un tableau des tensions et conflits qui éclatent régulièrement chez les militaires un peu partout au pays. Ils décrivent 49 incidents ayant eu lieu du 1er juillet 2008 au 1er février 1009, à la suite desquels des accusations ont été portées ou des plaintes ont été jugées «fondées».

Plusieurs autres cas d'agression - physique ou sexuelle - ont été traités au moyen de mesures «alternatives» ou laissés à la «discrétion» du ministère fédéral de la Défense nationale.

Les documents, fortement censurés, ont été rendus publics par la Défense nationale huit mois après que La Presse Canadienne en eut fait la demande en vertu des dispositions de la Loi sur l'accès à l'information. Les noms des suspects et des victimes en ont été retirés, et les dates des incidents rayées.

Parmi les accusations portées figurent celles d'agression sexuelle grave contre un conjoint, agression sexuelle, agression d'un enfant, voies de fait causant des lésions corporelles, agression armée et menaces.

Des conseillers affirment que les rapports rendus publics par la police ne représentent que la pointe de l'iceberg car de nombreuses victimes de violence au foyer ont choisi de garder le silence.

En janvier 2009, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a contacté la police militaire à la base de Shilo, au Manitoba, pour l'informer qu'un soldat avait été arrêté et accusé d'agression sexuelle grave commise contre sa conjointe, au moyen d'une arme, d'agression sexuelle et de trois chefs de menaces.

En juillet 2008, un membre du 2e bataillon du Royal Canadian Regiment a été accusé à Oromocto, au Nouveau-Brunswick, d'avoir agressé sa compagne à leur domicile.

Le même mois, la police militaire à la base de Borden, située au nord de Toronto, a répondu à un appel de détresse lancé par une femme dont le conjoint a par la suite été accusé d'agression.

Actuellement, une centaine de familles de militaires ont demandé et obtiennent de l'aide à la base de Petawawa, en Ontario, et une vingtaine d'autres ont été placées sur une liste d'attente. Avant le déploiement des Forces canadiennes à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, en 2006, seulement 12 d'entres elles se trouvaient dans une telle situation.

Plusieurs des 150 soldats canadiens qui sont morts en Afghanistan étaient basés à Petawawa.