L'homme considéré comme le mentor politique de Stephen Harper, Tom Flanagan, ne s'émeut pas des allégations de torture des détenus transférés aux autorités afghanes par les soldats canadiens. Il croit que la torture est commune dans ce pays. «En Afghanistan, les maris torturent leurs femmes. C'est commun. On ne peut pas contrôler (la torture)», a dit Tom Flanagan en entrevue à La Presse.

Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

L'ancien organisateur politique et ancien chef de cabinet de Stephen Harper, qui ne fait plus partie de la garde rapprochée du premier ministre, ne croit pas que le dossier des détenus afghans provoquera la tenue d'une élection fédérale. « Les libéraux tomberont dans un ravin s'ils font ça, dit-il. (...) Ça ne marchera tout simplement pas. (...) Les libéraux avaient plutôt une occasion de renverser le gouvernement avec la prorogation, en affirmant que c'était un geste antidémocratique de la part du premier ministre. À mon avis, ce n'était pas un geste antidémocratique, mais ma philosophie politique est que ça n'a pas besoin d'être vrai, seulement plausible. «

 

En novembre dernier, le diplomate canadien Richard Colvin a affirmé en commission parlementaire que ses avertissements écrits sur la torture de détenus afghans avaient été ignorés par le gouvernement canadien. L'opposition cherche à obtenir les documents cités par le diplomate.

Tom Flanagan croit que le gouvernement minoritaire de Stephen Harper survivra au moins une autre année. « Je ne vois pas d'enjeu qui pourrait menacer le gouvernement d'ici le prochain discours du Trône, dit-il. Je ne vois pas non plus les libéraux renverser les conservateurs. Les libéraux ont leurs propres problèmes, comme on l'a vu cette semaine (avec le vote sur la contraception).»

Tom Flanagan est considéré par les analystes politiques comme le mentor politique du premier ministre Harper. Il a été le chef de cabinet de Stephen Harper, alors chef de l'opposition à Ottawa, en 2002 et 2003. Il a dirigé la campagne électorale de Stephen Harper en 2004 et a fait partie du war room conservateur lors de l'élection qui l'a vu prendre le pouvoir en 2006. Il ne fait plus partie de la garde rapprochée du premier ministre. « Je ne lui ai pas parlé depuis un peu plus d'un an «, dit Tom Flanagan, qui a écrit l'an dernier un livre sur l'ascension politique des conservateurs et de Stephen Harper.

Le professeur de sciences politiques à l'Université de Calgary n'aime pas son étiquette de mentor politique du premier ministre. « C'est une légende médiatique, dit Tom Flanagan. J'ai appris davantage de lui que le contraire. Stephen Harper a été son propre mentor. «