Devant une rumeur persistante voulant que les États-Unis réclament du Canada de prolonger son engagement militaire en Afghanistan après 2011, l'opposition a sommé le gouvernement de réitérer qu'il ne restera plus un soldat canadien en sol afghan après cette date.

Malorie Beauchemin LA PRESSE

Le Globe and Mail a indiqué hier matin que l'administration américaine s'apprêterait, par l'entremise de l'OTAN, à réclamer du Canada qu'il maintienne de 500 à 600 militaires après 2011 dans la capitale, Kaboul, pour y former les soldats afghans.

 

Or, l'engagement des soldats canadiens en Afghanistan doit prendre fin en 2011, selon une motion que le Parlement a adoptée en mars 2008.

Bombardé de questions d'une opposition réticente à maintenir des troupes au-delà de la date prévue, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a répété que «la mission militaire» se terminerait en 2011 et que le gouvernement n'avait pas reçu une telle demande de la part des États-Unis.

«C'est clair. En 2011, nous n'y sommes plus, a dit le ministre Cannon. Après cette date, le Canada continuera d'entretenir des relations diplomatiques et aussi en matière de développement, par l'intermédiaire de son ambassade à Kaboul, comme nous le faisons dans d'autres pays.»

«Pas confiance»

Mais l'opposition craint que le gouvernement mette fin à la mission de combat, respectant ainsi l'esprit de la motion adoptée par le Parlement, tout en laissant des soldats dans d'autres fonctions, davantage liées au développement.

«Je n'ai pas confiance en ce gouvernement. Pas du tout», a dit le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui s'oppose à un prolongement de la mission canadienne en Afghanistan, tout comme le NPD.

«Les conservateurs ont joué un jeu, aujourd'hui, où ils ont essayé de faire la distinction entre la fin de la mission tout court et la fin de la mission militaire, laissant une porte entrouverte, a estimé le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair. Qu'on arrête de jouer ce jeu-là. La mission prend fin en 2011, un point c'est tout. C'est ce que la Chambre a voté et on va arrêter de niaiser avec ça.»

Les libéraux ont semblé plus hésitants sur le sujet, jugeant que toute prolongation éventuelle nécessiterait un vote du Parlement. Le chef libéral, Michael Ignatieff, a qualifié l'information selon laquelle les États-Unis allaient demander un effort supplémentaire au Canada de «ballon d'essai».

«Le gouvernement n'a pas consulté la population. Ce n'est pas une façon de faire de la politique étrangère», a dit M. Ignatieff.

Le porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, a quant à lui souligné qu'une mission d'aide au développement était la priorité de son parti.

«On a toujours parlé d'une mission de développement. Une mission pour aider la population afghane et pour aider la capacité du gouvernement afghan à offrir des services nécessaires à ces citoyens», a souligné M. Rae.