L'engagement a été respecté. Les 2000 bénévoles inscrits auprès de SOS Richelieu se sont présentés aujourd'hui en Montérégie pour participer à la première journée de la grande corvée de nettoyage. Qualifiant de titanesque la somme de travail exécutée, les organisateurs disent «mission accomplie».

Mis à jour le 11 juin 2011
Valérie Simard LA PRESSE

«Nous sommes surpris de toute la besogne qui a été abattue par les bénévoles», s'est réjoui le porte-parole de SOS Richelieu, Normand Flageole.

Cette première journée d'une série de quatre était particulièrement importante pour l'organisme, qui a été mis sur pied il y a quelques semaines par des citoyens de Saint-Jean-sur-Richelieu. «Aujourd'hui, c'était comme une avant-première de pièce de théâtre, a illustré M. Flageole. C'était important de montrer aux bénévoles que nous allons accueillir demain et le week-end prochain que beaucoup de travail peut être accompli.»

Le responsable des bénévoles de SOS Richelieu, Michel Fecteau, était heureux de faire taire ceux qui, depuis l'annonce de la tenue de cette grande corvée, avaient exprimé des doutes sur la réussite d'un tel événement. «L'efficacité était au rendez-vous. Plusieurs personnes ont réclamé la présence des militaires pour le nettoyage, mais nous avons démontré que les bénévoles sont capables de faire la job», a-t-il déclaré alors que, sur le terrain, les 400 soldats toujours déployés dans la région se faisaient discrets.

Arrivés à Saint-Jean-sur-Richelieu à 7h30, les bénévoles ont été guidés vers les différentes municipalités touchées. Près de la moitié d'entre eux ont travaillé à Saint-Jean-sur-Richelieu, particulièrement dans le quartier Saint-Eugène qui a été gravement touché par les inondations. L'autre moitié a été dirigée vers Carignan, Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, Saint-Blaise, Venise-en-Québec, Saint-Georges-de-Clarenceville et Sainte-Anne-de-Sabrevois. Parmi les 2000 bénévoles, se trouvaient 500 membres de la communauté mormone provenant de plusieurs régions du Québec, d'Oshawa et de Toronto. «À 70 ans, je ne peux pas en faire beaucoup, mais si chacun de nous en fait un peu, on peut faire beaucoup», a fait valoir Nicolas Athanassi alors qu'il besognait devant une résidence de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix.

Pendant toute la journée, les bénévoles ont ramassé des branches et des débris et soulevé des sacs de sable. Le travail qu'ils ont à effectuer est exigeant. Certains sacs de sable peuvent peser jusqu'à 80 livres. Après quelques heures de travail, plusieurs bénévoles sentaient le besoin de prendre du repos. «C'est très physique, a constaté Nathalie Cloutier, le souffle court. Je ne m'attendais pas à ça. Franchement, c'est lourd!» SOS Richelieu ne rapporte aucun blessé lors de cette première journée de nettoyage.

De retour à Saint-Jean-sur-Richelieu pour une sixième fois depuis le début des inondations, le premier ministre du Québec Jean Charest a salué la générosité des bénévoles. «Alors que des milliers de Québécois sont affectés par cette catastrophe naturelle, il y a d'autres Québécois qui se sont levés très tôt, pour leur venir en aide, pour leur tendre la main, a-t-il souligné. D'abord pour leur dire qu'ils ne sont ni oubliés, ni seuls et que cette catastrophe, ils vont la vivre accompagnés d'autres Québécois.»

M. Charest a remarqué que c'est la première fois au Québec qu'une telle opération de nettoyage est organisée après un sinistre.

«Un véritable cadeau!»

Le premier ministre s'est rendu dans le quartier Saint-Eugène pour voir les bénévoles à l'oeuvre et soulever quelques sacs de sable pour les caméras.

«De se sentir appuyé de même après avoir passé une épreuve comme celle-là, c'est un véritable cadeau!», s'est exclamé Bernard Choquette, visiblement heureux et ému de voir une douzaine de bénévoles s'activer sur son terrain qui est libéré des eaux depuis trois jours.

Une fois les débris et sacs de sable empilés aux abords des rues, une importante opération de ramassage attendra les municipalités. «Nous voulons nettoyer le plus rapidement possible pour permettre aux gens de rentrer confortablement chez eux», a affirmé le maire de Saint-Paul-de-l'Île-Noix, Gérard Dutil.

Quant à l'aide offert aux sinistrés, le premier ministre Jean Charest a indiqué qu'elle pourrait être bonifiée. «Au moment où les eaux vont se retirer, nous allons évaluer ce que nous avons comme programme d'aide pour voir si on doit en faire davantage. »

Participant à la corvée dans son quartier, le conseiller municipal du district Saint-Eugène, Jean Fontaine, a dit craindre le moment où les sinistrés recevront l'évaluation de l'état de leur résidence. «Ce sera une crise aussi pire que celle des inondations», appréhende-t-il.

Après avoir baissé de façon importante au cours des derniers jours, le niveau d'eau de la rivière Richelieu et du lac Champlain s'est stabilisé aujourd'hui. Selon le Centre de prévision des crues du Québec, les vents et la pluie attendus sur le bassin versant du lac Champlain ce soir et demain pourraient entraîner le niveau d'eau à la hausse.

La grande corvée se poursuivra demain ainsi que les 18 et 19 juin prochains. Même si le travail accompli aujourd'hui dépasse les attentes, SOS Richelieu estime qu'il reste encore beaucoup à faire. Les personnes qui souhaitent donner un coup de main peuvent s'inscrire en composant le 1-855 325-9911 ou sur internet au www.sosrichelieu.com