Le désistement de Gilles Duceppe refroidit les contestataires du leadership de Pauline Marois. «Il faut maintenant composer avec elle. On n'a pas le choix», affirme le président du Parti québécois pour la Mauricie, Claude Lessard.

Mis à jour le 24 janv. 2012
Tommy Chouinard LA PRESSE

Au plus fort de la tempête l'automne dernier, il avait réclamé le départ de la chef. La semaine dernière, il avait vu d'un bon oeil que Gilles Duceppe se rende disponible pour prendre la direction du PQ. Il s'est d'ailleurs abstenu de voter lorsqu'une proposition appuyant Mme Marois a été soumise à une réunion des associations de circonscription de la région mercredi dernier - tous les autres étaient en faveur. «Je voyais M. Duceppe comme quelqu'un qui aurait pu calmer les choses et redresser le parti», explique-t-il.

Mais comme l'ex-chef bloquiste a jeté l'éponge à la suite de révélations de La Presse sur l'utilisation de son budget parlementaire à Ottawa, «il n'y a plus personne qui va oser contester le leadership de Mme Marois» au conseil national en fin de semaine, prédit M. Lessard. La raison est simple selon lui: personne d'autre n'est en mesure de remplacer Pauline Marois pour l'instant.

Le vice-président de l'association de Beauharnois, Marc Laviolette, arrive à la même conclusion. Il renonce à présenter une proposition demandant un vote de confiance à l'occasion du conseil national. «On ferme le couvercle parce qu'il n'y a pas d'autres options», résume l'ancien chef syndical.

Il ne faut pas s'attendre non plus à une charge provenant de l'association de Crémazie, circonscription de la démissionnaire du PQ Lisette Lapointe. «On n'aura pas de proposition contre Pauline Marois en fin de semaine», affirme son président, Hadrien Parizeau, petit-fils de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau.

Les réunions des associations péquistes ont l'air de se ressembler depuis le début de l'année. Dans La Pinière, dimanche, «à la majorité, on s'est dit derrière Mme Marois», indique le président de l'association, Michel Houde.

Défection à la CAQ

Dans Marie-Victorin, le président Jacques Séminaro affirme qu'il n'a «jamais eu de discussion» avec son député, Bernard Drainville, au sujet de l'idée de prendre la tête du PQ. «Ce que M. Drainville fait, c'est lancer un cri du coeur, il est inquiet pour le parti», explique-t-il tout en se disant «derrière Pauline Marois».

Dans bien des circonscriptions, on souligne que plusieurs militants qui réclamaient la démission de Mme Marois ont quitté le navire au cours des derniers mois. C'est le cas du président pour les Laurentides, Éric de la Sablonnière, qui voyait en Gilles Duceppe un chef capable de redresser la barre. Il sera finalement bénévole pour la Coalition avenir Québec.

Dans Blainville et La Prairie, des circonscriptions qui ont vu leur député passer du PQ à la CAQ, le leadership de la chef n'est pas remis en question, a-t-on dit à La Presse.

Aucune association péquiste n'a transmis au quartier général une proposition contre le leadership de Mme Marois. Mais elles peuvent présenter une proposition d'urgence au conseil national. La direction du parti devra toutefois juger de sa recevabilité.

Les fidèles de Mme Marois sont prêts à répliquer aux contestataires éventuels. «On va monter au front s'il le faut!», lance le président pour la Capitale-Nationale, Pierre-Paul René. Il est également à la tête de l'association de Charlevoix, circonscription de Pauline Marois.