Après avoir fait les manchettes chaque jour pendant plus de deux mois au Québec, le conflit entre les étudiants et le gouvernement Charest pique à présent la curiosité de la presse étrangère.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Le réputé quotidien français Le Monde a imprimé sur sa page couverture une photographie du «printemps érable» hier matin, et la chaîne Al-Jazira a interviewé chacune des trois têtes d'affiche du mouvement étudiant.

Jean-François Dumas, patron de la firme Influence Communication, affirme avoir assisté à une augmentation impressionnante de la présence de la crise étudiante dans la presse internationale au cours des deux ou trois derniers jours.

«J'ai même vu le China Post de Taïwan tantôt, il y a plusieurs articles, a-t-il confirmé à La Presse au cours d'une entrevue téléphonique. Il y a un rayonnement très large.»

Même le Paris-Match, magazine français qui suit à la trace la vie des familles royales européennes et la vie sentimentale des vedettes de cinéma, s'est penché sur la crise québécoise. Un journaliste y signe un article fouillé sur le conflit. «Rarement [...] revendications économiques, sociales et environnementales n'ont paru aussi imbriquées à une telle échelle et sur une telle durée. C'est sans doute l'un des aspects les plus novateurs de ce «printemps érable»», conclut l'auteur.

La tempête après le calme

Cet intérêt est toutefois très récent, souligne M. Dumas.

«Jusqu'à il y a quelques jours, si on avait fait un palmarès des principales raisons qui ont fait que la presse internationale s'est intéressée au Québec, il aurait fallu faire un top 50 pour trouver le conflit étudiant, a-t-il indiqué. Les funérailles d'Émile Butch Bouchard, dans la dernière semaine, avaient généré davantage de couverture que le conflit étudiant.»

Selon lui, ce sont les arrestations massives effectuées par la police et le tournant plus corsé qu'a pris le conflit qui attirent l'oeil de la presse internationale.