S'il avait lancé un appel au calme comme le lui a demandé le gouvernement libéral, Gabriel Nadeau-Dubois pense qu'il aurait été éjecté au congrès suivant de la CLASSE.

Mis à jour le 27 avr. 2012
Paul Journet LA PRESSE

«Ça aurait mis de l'huile sur le feu. Nos membres se seraient dit: c'est notre porte-parole, il est censé porter notre voix. Il se prend pour qui?», a affirmé le co-porte-parole de la CLASSE, qui représente près de 85 000 étudiants et élèves en grève.

Il estime qu'on «comprend mal» son rôle de simple porte-parole. «Si je lançais aujourd'hui un appel au calme, qu'arriverait-il concrètement? En fin de semaine, je serais destitué. Et il y a quelqu'un qui me remplacerait et reprendrait les propos de [la CLASSE]. En quoi on serait avancés? En rien. C'est juste une tactique de marginalisation pour me faire porter l'odieux», soutient-il.

Le prochain congrès de la CLASSE débute demain. Un étudiant posera d'ailleurs sa candidature pour s'ajouter au comité médias. La CLASSE a «durci sa position par rapport à la désobéissance civile», et ce «durcissement doit se refléter» dans le discours médiatique de la CLASSE, écrit Pascal Rhéault dans sa lettre de candidature.

Le gouvernement accuse M. Nadeau-Dubois de se réfugier derrière ses mandats pour ne pas condamner la violence. Mais certains étudiants l'accusent au contraire de trop déroger de ses mandats. À la fin du mois de mars, l'Association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQAM a même déposé une motion de blâme pour «les marges discrétionnaires qu'il s'est arrogées».

La CLASSE croit que sa lourde structure lui a permis de garder les étudiants engagés et mobilisés dans chaque décision depuis le début du conflit. Mais selon nos informations, son comité de direction doit présenter demain une proposition pour simplifier son fonctionnement. On voudrait simplifier le processus de convocation des congrès extraordinaires afin de ne pas devoir attendre une semaine afin de réagir durant une crise.