L'ex-juge de la Cour suprême Michel Bastarache fera lui-même la présentation de son rapport qui sera rendu public en après-midi, mercredi prochain a appris Cyberpresse. Il n'est pas clair toutefois que l'ex-magistrat répondra aux questions des journalistes.

Publié le 17 janv. 2011
Denis Lessard LA PRESSE

Jusqu'ici la participation du juge semblait peu probable, mais le bureau de Jean Charest souhaitait vivement que le commissaire explique lui-même ses conclusions, comme c'est le cas généralement pour ces commissions d'enquête. Le scénario de cette diffusion devrait être rendu public aujourd'hui.

La publication fort attendue a suscité une nouvelle sortie de l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare à la source des accusations qui avaient nécessité la mise en place de la commission d'enquête en avril dernier.

Par communiqué lundi matin, Me Bellemare a relevé que c'est le premier ministre Charest qui avait refusé qu'il obtienne à l'avance une copie des conclusions du juge Bastarache. Il désirait pouvoir préparer ses commentaires, au même titre que le gouvernement à qui la commission donnera d'abord le rapport. Le refus de Jean Charest de partager ces informations «montre bien une fois de plus le peu d'importance que le premier ministre accorde à l'un des principes fondamentaux de notre système judiciaire, celui de l'équité».

Par cette décision Jean Charest «confirme que cette commission qui a coûté 6 millions $ aux contribuables n'est au fond qu'une vaste opération de relations publiques».

C'est l'avocat de Me Bellemare, Rénald Beaudry qui avait fait cette requête par écrit au commissaire Bastarache. Dans une réponse écrite,  Me Bastarache a même soutenu qu'il avait «suggéré au gouvernement de prendre des mesures pour répondre favorablement à votre demande, en m'assurant que toutes les parties aient la même opportunité».

«Le gouvernement n'a pas jugé bon de donner suite à ma recommandation», poursuit le commissaire.