James William Awad, organisateur d’un voyage turbulent vers Cancún, devra payer près de 4000 $ pour l’abattage illégal d’une « miniforêt » de 26 arbres à Bois-des-Filion. La Ville lui enverra « au moins » six autres constats d’infraction dans les prochains jours pour une série de travaux faits sans permis sur ses propriétés.

Publié le 11 janvier
Maxime Bergeron
Maxime Bergeron La Presse
Hugo Joncas
Hugo Joncas La Presse

M. Awad, qui dit avoir fait fortune en créant de nouvelles méthodes de programmation de sites web, a acheté pour près de 17,5 millions en immobilier depuis 2018. Six de ses propriétés se trouvent dans un même bout de rue à Bois-des-Filion, dans la couronne nord de Montréal.

L’homme de 28 ans est en train de s’y bâtir un véritable petit domaine, où la police a dû intervenir à de nombreuses reprises pour des fêtes trop bruyantes. Des travaux d’agrandissement sont en cours sur l’une des propriétés – une réplique de château avec tourelles achetée pour 1,65 million.

M. Awad a demandé un permis pour ce chantier, mais pas pour les autres travaux effectués en parallèle sur ses maisons adjacentes, a indiqué en entrevue Gilles Blanchette, maire de Bois-des-Filion. Les inspecteurs de la Ville ont relevé plusieurs de ces infractions le mois dernier.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’une des résidences appartenant à James William Awad, qui fait l’objet d’un agrandissement.

« On a été en mesure d’aller sur les propriétés, sans nécessairement entrer à l’intérieur, et là, on constate des choses, explique l’élu. On est en train de poser des gestes qui nous sont permis légalement au niveau de la municipalité, on va travailler sur ces dossiers-là de façon à assurer une certaine quiétude à nos citoyens. »

« Miniforêt » détruite

« Au moins » six constats d’infraction de 800 $ à 2000 $ seront expédiés à M. Awad d’ici quelques jours. La ville limitrophe de Terrebonne, qui jouxte les terrains du fondateur du « 111 Private Club », pourrait aussi imposer des amendes. « Plusieurs échanges ont lieu entre les deux municipalités concernant les recours pouvant être entrepris dans ce dossier », a indiqué la porte-parole Marie-Eve Courchesne.

Le constat pour l’abattage illégal de 26 arbres a été envoyé à James William Amad en novembre dernier, confirme la Ville de Bois-des-Filion, qui décrit la zone rasée comme une « miniforêt ». L’amende prévue s’élève à 3875 $.

  • Vue aérienne du terrain boisé appartenant à James William Awad, avant la coupe illégale de 26 arbres pour laquelle la Ville de Bois-des-Filion lui a remis un constat d’infraction de près de 4000 $.

    PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE BOIS-DES-FILION

    Vue aérienne du terrain boisé appartenant à James William Awad, avant la coupe illégale de 26 arbres pour laquelle la Ville de Bois-des-Filion lui a remis un constat d’infraction de près de 4000 $.

  • Le terrain après la coupe des arbres, selon les images fournies par la ville.

    PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE BOIS-DES-FILION

    Le terrain après la coupe des arbres, selon les images fournies par la ville.

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Un autre constat d’infraction a été envoyé à M. Awad en novembre pour le dépôt de rebuts, de déchets, de meubles et d’autres objets sur le domaine public. La Ville lui impose aussi une amende pour la construction de remblais sans permis, en vue de l’installation d’un système de géothermie. Un constat pour bruit excessif a également été remis.

Awad « aime la nature »

Dans une série de messages échangés sur Twitter, James William Awad – qui s’appelait Kevin avant son changement de prénom officiel en 2019 – se défend des gestes qui lui sont reprochés.

Il a d’abord affirmé « n’avoir jamais coupé » 26 arbres et dit aimer la nature. Une fois questionné sur les photos qui prouvent la déforestation, il a fait valoir que cette situation était « entre le contracteur et la compagnie d’arbres ». Il ajoute que « le contracteur va payer la facture ».

Quant à l’amende imposée pour le dépôt illégal de déchets, M. Awad en attribue la responsabilité à une fête tenue chez lui. « J’ai amené une équipe de nettoyage », avance-t-il.

L’homme s’explique enfin à propos des photos publiées mardi par Le Journal de Montréal. Elles montrent notamment des statues qu’il a fait installer sur son domaine. M. Awad assure qu’elles ne sont pas à son effigie.

Je ne suis pas un narcissique comme les gens le pensent. C’est juste des statues qui signifient la fonction de la maison, comme par exemple pour le studio, il y a une statue avec quelqu’un avec un micro.

James William Awad

Le quotidien a aussi publié la photo fournie par un citoyen d’une plaque installée devant l’une de ses propriétés, qui évoque la menace d’une « mort soudaine » pour quiconque oserait s’y aventurer. M. Awad dit que c’était une blague de « style jeu vidéo ».

Le maire de Bois-des-Filion ne semble pas du tout s’amuser de cette situation. La polémique récente, déclenchée le 30 décembre dernier après une fête organisée par M. Awad qui a dérapé dans un vol de Sunwing Montréal-Cancún, constitue une « publicité négative » pour son « patelin » de 10 045 habitants, dit-il.

« Moi, je ne peux pas empêcher un citoyen d’acheter la rue au complet s’il veut le faire, je peux juste restreindre l’utilisation qui est faite. Ça reste un quartier résidentiel et pour nous, ça doit rester le plus paisible possible. »