Le coming out forcé de l'actrice Samantha Ardente  cette employée d'une commission scolaire de Lévis dont la double vie d'actrice porno a été étalée sur la place publique il y a quelques mois  a braqué les projecteurs sur l'industrie québécoise de la pornographie, dont les acteurs sont, souvent, des stars à temps partiel. Portrait d'une industrie qui mise sur la controverse pour sortir de l'ombre.

Hugo Meunier LA PRESSE

Les principaux artisans de ce secteur d'activité l'avouent eux-mêmes: le marché des films pornographiques québécois est jeune, petit et encore incapable de faire vivre convenablement ses acteurs. «Sur sept millions de Québécois, si on enlève les mineurs, les personnes âgées et 90% des filles, il ne reste pas un grand marché», résume Nicolas Lafleur, président des Productions Pegas, une des rares - et rentables - sociétés de films pour adultes québécoises.

Anne-Marie Losique, figure emblématique de l'érotisme au Québec, est plutôt critique de l'industrie québécoise du XXX. «C'est encore une industrie cachée, on ne la connaît pas beaucoup, elle est mal encadrée», juge la productrice et animatrice, qui préfère exploiter un créneau un peu plus soft.

Depuis un an, sa chaîne spécialisée Vanessa diffuse des émissions érotiques, des entrevues, des reportages dans les coulisses de films, mais jamais de films pornos. «Ça prendrait des gens sérieux. Actuellement, les filles qui veulent faire ça sérieusement doivent se tourner vers les États-Unis. C'est très important qu'elle devienne un peu plus mature, cette industrie», résume Anne-Marie Losique. On est assez loin du glamour de l'industrie américaine de la porno, avec ses productions à plusieurs millions et ses salaires faramineux pour acteurs gonflés aux stéroïdes et actrices remodelées par la chirurgie.