Plus de 300 ouvriers agricoles mexicains ont manifesté devant l'ambassade du Canada à Mexico, mardi. Ils ont dénoncé l'exploitation dont ils se disent victimes lorsqu'ils travaillent dans les fermes canadiennes en vertu d'un programme fédéral.

Mis à jour le 18 juin 2010
André Noël LA PRESSE

«Les travailleurs migrants craignent des représailles s'ils expriment leurs griefs au Canada, alors ils ont décidé de manifester dans leur pays», a dit hier Andrea Galvez, une des organisatrices de la manifestation, jointe par téléphone à Mexico.

 

Une main-d'oeuvre nombreuse

Quelque 15 000 Mexicains viennent chaque année au Canada (dont 4000 au Québec), entre les semailles et les récoltes, en vertu du Programme des travailleurs agricoles saisonniers. Mme Galvez, représentante du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce au Québec, affirme que leurs droits fondamentaux sont bafoués.

Selon elle, plusieurs travaillent dans des conditions dangereuses et pénibles, et ils sont souvent mal logés. «Dès qu'ils protestent, ils sont renvoyés dans leur pays d'origine, a-t-elle dit. C'est pourquoi ils n'osent pas manifester dans les rues de Montréal ou des autres villes canadiennes.»

Ceux qui ont manifesté à Mexico mardi s'apprêtent à revenir au Canada ou ont été exclus du programme. Parmi eux se trouvait Bonifacio Santos-Moreno, qui a été congédié parce qu'il avait tenté de syndiquer ses camarades dans une ferme maraîchère de Saint-Rémi, au sud de Montréal.

«Nous avons lu une lettre exigeant une réforme complète du Programme des travailleurs agricoles saisonniers, afin que les ouvriers agricoles cessent d'être exploités, a dit Mme Galvez. Puis nous l'avons remise à un attaché de l'ambassade.» La manifestation a été abondamment couverte par les médias mexicains.

Pendant plusieurs années, la majorité des ouvriers migrants travaillant dans les fermes au Québec provenaient du Mexique. Depuis l'année dernière, les travailleurs guatémaltèques sont plus nombreux. La Commission des relations du travail a décrété, ce printemps, qu'ils ont le droit de se syndiquer, mais les fermiers ont porté cette décision en appel.