Les violents incendies de forêts continuent de faire rage au Québec. Près de 850 pompiers tentent présentement de circonscrire 57 brasiers, dont une dizaine de nouveaux feux et neuf autres qui sont toujours hors-contrôle.

Mis à jour le 29 mai 2010
Daphné Cameron LA PRESSE

Le secteur le plus durement touché est encore celui de la Haute-Mauricie, mais des brasiers importants brûlent en Jamésie, en Abitibi-Témiscamingue et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. En fin d'après-midi samedi, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), estimait qu'au moins 72 500 hectares s'étaient envolés en fumée, soit l'équivalent d'environ 36 000 terrains de football.

L'industrie forestière risque de subir les contrecoups de ces incendies. La ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, a interdit hier toute activité au nord du 47e parallèle, de l'ouest de la province jusqu'aux frontières de la Côte-Nord, environ.

«Il va y avoir des conséquences économiques c'est certain», a expliqué le coordonnateur de l'information de la SOPFEU, Gérard Lacasse. «Mais sur le plan écologique, il faut garder à l'esprit que la forêt a besoin du feu pour se nettoyer et permettre aux cônes d'éclater pour régénérer la forêt», nuance-t-il.

Rappelons que c'est la forêt boréale qui est la proie des flammes et qu'elle est composée à environ 85% de conifères. À cette époque de l'année, les aiguilles des arbres sont à la fin de leur cycle de vie et donc très sèches, ce qui crée des conditions propices aux feux de forêt d'envergure.

Près de 850 pompiers - excluant les pilotes d'hélicoptère et des avions citerne - travaillent d'arrache-pied pour éteindre les feux. Des renforts vont arriver samedi soir de la Colombie-Britannique et du New-Hampshire pour leur prêter main forte. En tout, 150 sapeurs sont attendus.

La SOPFEU espère que la pluie prévue ce soir dans l'ouest du Québec se rendra jusqu'au centre de la province afin d'alléger leur travail. «Nous sommes également encouragés par le fait que l'on n'annonce pas de foudre dans les prochains jours», a affirmé M. Lacasse.

Ce sont des éclairs qui ont causé la majeure partie des 114 incendies qui se sont déclarés cette semaine. En raison de la sécheresse, il est interdit de faire des feux à ciel ouvert au nord du fleuve Saint-Laurent.

Pour ce qui est des 1300 habitants de la réserve de Wemontaci, située au nord de La Tuque, ils demeurent évacués jusqu'à nouvel ordre. La SOPFEU estime toutefois que le village n'est plus menacé par les flammes. Hier soir, environ 200 résidents de la communauté d'Obedjiwan ont également été déplacés vers Roberval par mesure préventive, a indiqué la Sécurité civile.

Selon M. Lacasse, l'opération de la SOPFEU ne sera pas terminée avant au moins quelques semaines, dépendamment de la météo. En 1995, rappelle-t-il, les pompiers avaient mis trois mois à éteindre complètement des feux sur la Côte-Nord en raison du temps sec.

Du côté de l'Ontario, environ 70 feux font rage dans le nord de la province.