La ministre de l'Éducation persiste et signe: les modifications au régime pédagogique ne cachent pas d'accommodement pour les écoles juives. Qu'on se le dise, il s'agit d'abord et avant tout d'un règlement visant la réussite et la persévérance scolaire.

Mis à jour le 13 févr. 2010
Silvia Galipeau LA PRESSE

Vrai, reconnaît-elle, peut-être ce règlement a-t-il été mal expliqué. «C'est possible, mais depuis, on le fait», a commenté Michelle Courchesne, hier, en marge de l'inauguration du campus de l'Université de Sherbrooke à Longueuil.

 

«Ce qui n'a pas été fait au moment où on a informé le public, et honnêtement ce n'était pas du tout de mauvaise foi, c'est qu'on n'a pas mentionné que ça réglait aussi le problème des écoles juives, a-t-elle poursuivi. Parce que je m'adressais au réseau public, alors que les écoles juives, c'est un réseau privé. C'est ça qui a heurté.»

Visiblement fatiguée de voir ainsi interpréter ses modifications au calendrier, elle a tenu à rappeler qu'une foule d'autres modifications étaient aussi prévues (le redoublement autorisé en première secondaire, le nombre d'heures minimal d'enseignement des matières obligatoires), toutes «nécessaires et utiles à la réussite scolaire».

Quant à la question des classes de week-end, «il faut arrêter de croire que ce règlement est fait pour une communauté en particulier». Certaines écoles publiques à vocation particulière pourront elles aussi bénéficier de cette nouvelle souplesse pour «combler les heures d'enseignement», a-t-elle signalé.

Plusieurs observateurs, notamment l'opposition péquiste, la Centrale des syndicats du Québec et la Fédération des syndicats de l'enseignement, reprochent en outre à la ministre d'avoir décidé de modifier le régime pédagogique en catimini. C'est faux, a-t-elle rétorqué. «Les syndicats, fédérations et commissions scolaires ont été informés depuis octobre dernier que nous travaillions (à ces modifications). Ces associations ont 45 jours pour nous signaler leur avis. C'est pour ça que le règlement est en prépublication.»

Deux écoles juives s'exposent à des poursuites

La ministre a par ailleurs confirmé hier que deux écoles juives refusent malgré tout de se conformer au régime pédagogique (six autres ont obtempéré) en enseignant les matières de base le dimanche. Le dossier de l'une d'entre elles est déjà devant le procureur général, et l'autre pourrait également être poursuivie. «Nous avons la ferme volonté de faire en sorte que les écoles soient légales. Évidemment, si elles refusent de participer à cette entente dans son entièreté, nous devrons prendre les mesures requises.»

Les deux établissements fautifs sont le Collège rabbinique de Montréal à Boisbriand et l'école Toras Moshe, à Montréal, deux écoles «autonomes» ne qui ne font pas partie du Réseau des écoles juives de Montréal, a précisé hier le directeur général du Congrès juif québécois, Daniel Amar. Ce dernier a tenu à rappeler la position du Congrès dans ce dossier: «La loi doit être respectée.»

Rappelons que, pour le Congrès juif, l'assouplissement du calendrier scolaire est une «excellente nouvelle»: cela permet à chacun de «bénéficier d'une éducation qui lui convienne à condition que le régime pédagogique soit respecté».

 

115 millions pour les prêts et bourses

Le gouvernement fédéral doit remettre 115 millions de dollars à Québec dans le cadre du Programme canadien de bourses aux étudiants (PCBE). Et cet argent, que les étudiants en soient assurés, ira au programme de prêts et bourses, a confirmé hier la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne. «L'engagement est là. Ces 115 millions vont rester dans le programme d'aide financière aux études. On a toujours été clairs là dessus. Nous n'avons pas changé d'idée. Ces 115 millions seront disponibles pour le programme des prêts et bourses.» La ministre réagissait ici aux craintes, formulées par les associations étudiantes, de ne jamais voir la couleur de cet argent.