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Association des concessionnaires Toyota du Québec

Entrevue Hybride sur la découverte avec un archéologue et un antiquaire

L'un est un scientifique, l'autre un commerçant. Si les métiers d'archéologue et d'antiquaire n'ont pas les mêmes visées, la découverte d'objets anciens est au coeur des deux professions. Inspirées par les modèles de voitures hybrides de Toyota, les Entrevues Hybrides sont une série de six entretiens qui réunit autour d'un sujet commun deux professionnels issus de domaines différents.

Après avoir suivi une formation de base, l'archéologue se spécialise dans un champ scientifique particulier, par exemple l'étude du rapport entre l'animal et l'être humain, la pierre, les épaves, les ports de mer, les ossements humains, etc.

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Vladimir Molina est archéologue depuis 2006 et se spécialise en archéologie publique. Il est aussi le promoteur et l'animateur de l'émission de sensibilisation en archéologie publique Archéo-Ville, diffusée à MAtv.

Jamais il n'investit un lieu sans d'abord avoir un objet de recherche. « Il pourrait s'agir, par exemple, de déterminer si les populations qui se sont établies le long du fleuve Saint-Laurent avaient recours à la métallurgie, explique Vladimir Molina, archéologue spécialisé en archéologie publique. Le but de la recherche peut toutefois changer en cours de route, selon les données colligées. »

Le scientifique mène ensuite une étude de potentiel du site à fouiller, en consultant divers rapports qui lui donneront une bonne idée de ce qui pourrait s'y trouver.

En revanche, aucune formation n'est requise pour devenir antiquaire. À titre de commerçant, il débusque des objets anciens pour les revendre, selon la demande.

Michel Lacombe est antiquaire et copropriétaire avec sa... - image 3.0

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Michel Lacombe est antiquaire et copropriétaire avec sa conjointe, Kathleen Terry, de Terry et Lacombe Antiquités, à Saint-Mathias-sur-Richelieu.

C'est l'amour des objets et de leur histoire qui a amené Michel Lacombe à devenir antiquaire et à fonder, avec sa conjointe, Terry et Lacombe Antiquités il y a 13 ans.

Un peu à l'instar de l'archéologue, il part rarement en explorateur sans avoir préalablement une idée de ce qu'il convoite. En effet, c'est en général en raison d'un appel qu'il se déplace pour aller évaluer les objets.

Valider pour mieux raconter

Une fois que les fouilles de l'archéologue mettent au jour des vestiges, celui-ci collecte toutes les données et passe au laboratoire pour les traiter et les analyser afin de les rendre intelligibles. Il arrive parfois que les artefacts trouvés ne répondent pas à l'objet de recherche initial. Ces découvertes pourraient néanmoins servir à un autre archéologue.

C'est pourquoi il est important de diffuser ces données, soit par la publication d'un rapport archéologique, par une présentation au public ou par l'exposition d'objets trouvés pendant les recherches (dans les musées, par exemple).

« Cette diffusion est nécessaire, car l'archéologie est un service public : sans la diffusion des données, la démarche archéologique n'est plus pertinente », précise M. Molina.

Michel Lacombe, lui, en a vu passer des objets de toutes les époques. Il compte en grande partie sur son expérience pour arriver à déterminer leur âge, qui varie en moyenne de 60 à 150 ans dans sa boutique. Une simple recherche sur Internet dans des sites spécialisés et payants suffit pour confirmer ses estimations, qu'il base notamment sur les indices qui se trouvent sur les objets, comme des logos derrière des assiettes anciennes qui permettent parfois de déterminer jusqu'au mois de fabrication de la pièce.

Il peut aussi faire authentifier des pièces, particulièrement lorsqu'elles ont une grande valeur.« Nous sommes déjà tombés sur un drapeau qui datait de l'époque des patriotes et avons consulté le Musée de la civilisation pour nous assurer que c'était un vrai », raconte-t-il.

Attribuer une valeur au passé

En archéologie, un artefact pris hors contexte n'a aucune valeur. « Lorsqu'on effectue une fouille, notre travail se rapproche davantage de celui d'un policier sur une scène de crime : il ne faut pas toucher aux objets de façon à reconstituer la scène », mentionne Vladimir Molina.

Ainsi, une pointe de flèche trouvée dans un boisé n'aura pas la même valeur que si elle est découverte à l'intérieur d'une sépulture.

« Le contexte est donc le porteur du message de l'objet », ajoute-t-il. Et c'est à partir de ce contexte que l'archéologue peut écrire son histoire, sorte d'incursion dans le passé où il peut attester de la présence humaine par cette culture matérielle.

Pour un antiquaire, le prix d'un objet est déterminé en fonction de l'ancienneté de celui-ci, de sa condition et de la demande.

« Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la valeur d'une antiquité est beaucoup dictée par les tendances du moment, souligne Michel Lacombe. On est dépendant de ce qui se véhicule dans les revues et les émissions de décoration. »

Il y a plus de deux ans, les gens convoitaient ainsi les anciennes caisses de pommes. L'entreprise en a vendu au-delà de 1000, mais l'engouement s'est estompé depuis.

Certains objets ne se démodent toutefois pas. « C'est le cas des pièces de collection, précise-t-il. On a développé un marché pour les collectionneurs, qui sont toujours à la recherche, par exemple, de vaisselle ancienne d'une marque et d'une époque particulière. »

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