Le nombre de femmes en état d’itinérance est grandissant dans les rues de Montréal. Un toit pour la nuit, un repas chaud, des vêtements, des médicaments : heureusement, il existe des ressources matérielles pour assurer leurs besoins primaires. Néanmoins, pour guérir l’itinérance et aider ces femmes à sortir de la rue, il faut mieux les comprendre, mieux les soigner. C’est ce que Léonie Couture et son équipe s’efforcent de faire depuis près de 30 ans.

Publié le 22 mai

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Si une conviction anime Léonie Couture, présidente fondatrice de La rue des Femmes, c’est que l’itinérance ne se résume pas à ne pas avoir de toit. « L’état d’itinérance comporte différents degrés de gravité, explique-t-elle. Lorsqu’elles arrivent chez nous, ces femmes sont complètement traumatisées, brisées et dans un état de stress post-traumatique chronique. » Elles ont vécu violence sur violence, et ce, bien avant de se retrouver à la rue : « Ce sont des survivantes de traumatismes multiples. » Des blessures qui ne se guérissent pas seulement avec un bol de soupe chaude.

La parcours de Léa

Léa se reconnaît dans le portrait que dresse Léonie Couture. Cette femme, ex-itinérante et toxicomane, s’est retrouvée à la rue dans la trentaine, après un deuil éprouvant. Toutefois, la réelle meurtrissure dont elle souffrait sommeillait en elle depuis l’enfance. L’existence de la survivante a été une longue suite de violences : les abus sexuels et physiques infligés dès son jeune âge par son père; les agressions d’hommes tout aussi « poqués » qu’elle; un viol subi dans la rue; sans compter les blessures intergénérationnelles dont elle a hérité comme Autochtone… « J’étais dans un tel état d’intoxication quand je suis arrivée à La rue des Femmes que j’avais l’impression qu’une partie de mon humanité était morte », se souvient-elle.

Une minute à la fois

C’est tranquillement que Léa s’est reconstruite, au contact des intervenantes et au fil des ateliers spécialisés. « Une minute à la fois », dit-elle en relatant son long chemin vers la guérison. « Ici, on m’a accueillie comme un être humain. On m’a donné l’amour inconditionnel et l’encadrement que j’aurais normalement dû recevoir de ma famille, si elle n’avait pas été dysfonctionnelle. » Pour la première fois dans le parcours de l’itinérante, on ne s’attardait pas qu’aux symptômes — la toxicomanie et l’alcoolisme —, mais bien aux causes de sa souffrance. « C’est la première fois qu’on reconnaissait les traumatismes qui m’ont menée à l’état d’itinérance », fait valoir Léa.

<em>Quand je suis arrivée à La rue des Femmes, en 2013, ç’a été le début de ma guérison.</em>

Léa, infirmière et ex-itinérante

Une approche inédite : la santé relationnelle

Cette approche qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, on la doit à Léonie Couture. Plus qu’un refuge ou un toit, La rue des Femmes procure des soins aux femmes en état d’itinérance. Dans ses trois maisons du centre-ville de Montréal, une équipe d’intervenantes est spécialement formée pour accueillir et soigner ces femmes profondément brisées, afin qu’elles se remettent au centre de leur vie.

PHOTO : ERIC COURCHESNE

Léonie Couture, présidente fondatrice de La rue des Femmes

<em>Pour ces femmes, il y a de l’espoir. Elles ne sont pas condamnées à être exclues, à la honte, à ne pas avoir de voix. En retrouvant leurs capacités relationnelles, elles peuvent être heureuses.</em>

Léonie Couture, présidente fondatrice de La rue des Femmes

Guérir de l’itinérance, ça prend du temps. Du temps, des intervenantes qualifiées de même que des soins relationnels et spécialisés, sans oublier les ressources matérielles pour assurer les besoins vitaux pendant que les femmes stabilisent leur situation. Les femmes qui fréquentent les centres de jour de l’organisme le font aussi longtemps qu’elles en ont besoin. Elles participent à des ateliers de santé relationnelle; font de l’art-thérapie; profitent de services de counseling; apprennent à méditer et à faire du yoga; se réapproprient leur corps grâce à la thérapie corporelle... Puis, lorsqu’elles sont prêtes à intégrer un logement et à le maintenir, La rue des Femmes les accompagne avec des services adaptés.

Cercle vertueux

La Fondation La rue des Femmes est actuellement en campagne majeure de financement, afin d’établir son grand projet : l’Institut de santé relationnelle LrdF, soit le tout premier centre de recherche et développement en santé relationnelle au Canada et de soins curatifs et préventifs destinés aux femmes en état d’itinérance. Le but : mieux comprendre, mieux soigner et mieux prévenir cette dernière. La rue des Femmes prépare donc l’ouverture, au printemps 2023, d’un centre de soins qui lui permettra de doubler les heures de soins et d’activités spécialisées en santé relationnelle. Léa, elle, est fière d’avoir repris possession de sa vie. Après un retour à l’école, celle qui travaille à nouveau comme infirmière intègre ce qu’elle a appris à La rue des Femmes au quotidien : « Je ne vois pas un patient en crise; je vois une personne malade qui a besoin que le système la traite avec humanité. »

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