Les préoccupations en matière de responsabilité sociale et d’éthique des organisations occupent aujourd’hui une place plus prépondérante que jamais, que ce soit dans le milieu des affaires, auprès des consommateurs ou dans l’espace médiatique. Dans ce domaine en forte croissance, les équipes de recherche de HEC Montréal pavent la voie pour mettre l’éthique à l’agenda des organisations et des institutions publiques.

Publié le 23 janvier

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« Il y a 15 ans, il fallait convaincre les organisations que l’éthique des affaires, c’était important. Aujourd’hui, ce sont elles qui cognent à notre porte pour savoir comment intégrer l’éthique au cœur de leurs activités », fait remarquer Joé T. Martineau, professeure adjointe au Département de management de HEC Montréal. Celle-ci se réjouit que l’école de gestion intègre désormais des cours d’éthique dans tous ses programmes d’études. Par exemple, le cours Éthique, gouvernance et droit des affaires est obligatoire pour tous les étudiants inscrits au baccalauréat en administration des affaires (B. A. A.). « Il est de notre ressort de former des gestionnaires intègres et responsables. Et les étudiants sont, en grande majorité, déjà convaincus de l’importance de favoriser une culture d’éthique au sein des organisations », dit-elle.

PHOTO : HEC MONTRÉAL

Joe T. Martineau, professeure adjointe au Département de management, HEC Montréal

Les recherches que mène Joé T. Martineau portent entre autres sur l’action des programmes d’éthique implantés dans les organisations québécoises. Le plus grand constat qui se dégage de ses travaux : en matière d’enjeux éthiques, les approches uniques ont moins d’effets positifs que les approches diversifiées intégrant des pratiques d’éthique organisationnelle variées, allant au-delà du seul code d’éthique ou de pratiques de conformité. Aussi, ses recherches confirment l’importance du leadership éthique des hauts dirigeants afin d’influencer positivement le comportement éthique des employés et des gestionnaires. La diversification des pratiques éthiques serait la clé de voûte.

Autrement dit, il est insuffisant de seulement mettre en place un code d’éthique. Il faut créer une culture organisationnelle où transparaît le leadership éthique des hauts dirigeants et où on mise sur le développement personnel de chacun en matière d’éthique.

Joé T. Martineau, professeure adjointe au Département de management, HEC Montréal

PHOTO : HEC MONTRÉAL

Celia Chui, professeure adjointe au Département de management, HEC Montréal

Quels signaux envoyer ?

Ces constats trouvent écho dans les travaux que dirige sa consœur Celia Chui, professeure adjointe au Département de management à la prestigieuse école de gestion. Celle-ci a analysé l’impact des processus disciplinaires avec enquêtes et sanctions pour évaluer leur efficacité sur la prévention des inconduites professionnelles ainsi que leurs effets sur les mécanismes de dénonciation : « Nous avons constaté que, lorsque les systèmes mis en place signalent que l’éthique est prise au sérieux par l’entreprise, les inconduites et les fausses accusations diminuent, parce que ces comportements sont considérés comme plus immoraux et moins normaux. »

À l’inverse, lorsqu’une organisation donne l’impression qu’elle ne prend pas au sérieux les allégations de fautes professionnelles qu’on lui rapporte ou encore qu’elle agit sans processus d’enquête rigoureux, les comportements inadéquats augmentent et les dénonciations des pairs diminuent parce que ces comportements sont considérés comme moins immoraux et plus communs. « Les organisations ont tout intérêt à investir des ressources dans leurs processus disciplinaires, par exemple en créant un comité d’éthique chargé de mener des enquêtes approfondies sur les plaintes, car ces systèmes peuvent façonner les perceptions du bien et du mal et influencer les comportements », relate Celia Chui, professeure adjointe au Département de management de HEC Montréal.

PHOTO : HEC MONTRÉAL

Celia Chui, professeure adjointe au Département de management, HEC Montréal

Décoder les biais contextuels

Celia Chui et son équipe de recherche se sont également penchées sur l’environnement qui peut inciter une personne à tricher. Leurs expériences ont révélé que, face à un bassin de compétiteurs plus important, les gens sont plus portés à tricher. « Qu’il s’agisse d’obtenir une entrevue ou de toucher une prime de performance, plus il y a de compétiteurs, plus nous pensons que d’autres participants trichent et que nous devrions le faire aussi », explique la chercheuse.

Celia Chui est fascinée par l’étude des indices contextuels et organisationnels et les biais qui poussent les personnes à adopter de bons ou de mauvais comportements.

Notre sens de la moralité est plus malléable et plus susceptible d’être influencé par des facteurs externes que nous aimerions le croire. C’est pour cette raison que de bonnes personnes se retrouvent à faire de mauvaises choses.

Celia Chui, professeure adjointe au Département de management, HEC Montréal

Intelligence artificielle : jeter les bases

À HEC Montréal, la recherche en éthique trouve aussi des applications dans la sphère des hautes technologies. Joé T. Martineau et son équipe de recherche travaillent étroitement avec les entreprises dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) pour établir des balises éthiques au développement des technologies émergentes. Et les défis sont multiples sur ce territoire encore en friche : gouvernance des données, consentement éclairé de l’utilisateur, acceptabilité et désirabilité des applications qui mobilisent l’IA, algorithmes arbitraires…

« Les technologies se développent à un rythme phénoménal en IA, ce qui crée un grand besoin de réflexion sur les questions éthiques que celles-ci peuvent engendrer », affirme Joé T. Martineau. Selon elle, si la recherche en est à ses balbutiements dans ce secteur qui évolue à la vitesse grand V, de plus en plus de jeunes pousses commencent à saisir l’importance d’un développement responsable des applications de l’IA. Elles font appel à son expertise pour savoir comment, concrètement, intégrer les principes éthiques dans leurs pratiques.

Mon objectif, c'est de faire en sorte que les technologies de l’IA soient au service du bien commun et de l’amélioration de la qualité de vie, et non que les humains soient au service de ces technologies.

Joé T. Martineau, professeure adjointe au Département de management, HEC Montréal

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