Parce qu’il y aura un hiver encore cette année et que les enfants ne demandent qu’à jouer dehors, à sortir de leur « bulle-classe » et à bouger, l’Opération Sous Zéro revient pour une seizième saison avec des habits de neige tout chauds tout neufs à offrir aux jeunes démunis. Avec la pandémie qui gruge le budget des familles, les organisateurs se démènent pour trouver les fonds nécessaires afin d’habiller 4500 élèves à travers le Québec.

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C’est le branle-bas de combat dans la grande salle du Centre communautaire Hochelaga (CCH). Des boîtes remplies de manteaux, de salopettes, de tuques et de cache-cous multicolores sont empilées en rang d’oignons. À tour de rôle, des représentants d’écoles primaires garés dans le stationnement reçoivent leur lot des mains des employés et des bénévoles attitrés – en temps de pandémie, personne d’autre ne rentre. Les remerciements et les rires fusent. Pas de doute, l’Opération Sous Zéro est en cours !

Carole Brière coordonne les activités. Ça fait des mois que la directrice adjointe du centre situé au cœur du quartier Hochelaga-Maisonneuve prépare les stocks pour répondre à un maximum de demandes et trouver les bonnes tailles, quitte à remuer ciel, terre et magasins. « On a une obligation de résultat envers les enfants et les donateurs. Comme je manquais de variété, j’ai passé une nouvelle commande qui doit arriver sous peu », dit-elle depuis sa tour de contrôle, au deuxième étage.

Du neuf pour l’estime de soi

Pas question de faire faux bond à un jeune ni d’offrir deux ensembles pareils dans une même école. Encore moins de recourir à des vêtements usagés à peine portés. Toute la symbolique de l’Opération Sous Zéro repose en fait sur le don d’un habit neuf qui drape les enfants de dignité. « Un nouvel habit de qualité, ça fait une différence : l’élève évite de se faire pointer du doigt et accoler l’étiquette de “pauvre”. Il sent qu’il fait partie de la gang. Ce sentiment de fierté rejaillit jusque dans sa réussite scolaire », affirme Carole Brière. La dame sait de quoi elle parle : issue d’une famille monoparentale défavorisée, elle héritait immanquablement des vêtements des voisins. « C’est probablement la première fois que le jeune aura un ensemble juste à lui », dit-elle.

Un système bien rodé

Le choix des petits receveurs n’est pas arbitraire. Ce sont les équipes-écoles elles-mêmes qui sélectionnent les enfants démunis et qui communiquent avec leurs parents. Chaque école a droit à un maximum de 30 habits de neige. « Il y a une procédure à respecter, indique Carole Brière. Nous, on reçoit les listes, on achète les vêtements et on les emballe. » La remise des habits se fait dans la plus grande discrétion, le soir, au service de garde en présence des parents. « Vous devriez voir le sourire de l’enfant quand il se voit dans le miroir. Tout le monde pleure de bonheur ! Je dis toujours aux directeurs : sortez la boîte de mouchoirs ! » déclare-t-elle.

La pauvreté 2020

Lancée en 2004, l’Opération Sous Zéro répond à des besoins de plus en plus criants. La première année, 89 enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve en avaient bénéficié. L’an dernier, quelque 4920 habits ont été distribués de Montréal à Jonquière en passant par Québec et Trois-Rivières. « Je suis obligée de refuser des écoles par manque de financement, se désole Carole Brière. Pour les nouvelles générations, ça peut paraître impensable de n’avoir même pas assez d’argent pour aller dans une friperie. Or, la pauvreté existe ! On n’a qu’à ouvrir les yeux pour la voir. Des jeunes qui se promènent sans bottes ni mitaines, un frère qui porte l’habit de sa sœur, une maman qui dispose d’un seul ensemble pour ses quatre enfants… »

Oubliez Les Bougon. En 2020, la pauvreté se reflète sur le visage de deux parents qui travaillent, mais qui peinent à boucler les fins de mois. D’un père de famille monoparentale au chômage, d’une mère seule débordée. N’empêche, ces familles dites vulnérables sont fières et veulent le meilleur pour leurs enfants, selon Roland Barbier, directeur général du CCH.

Avec la pandémie, beaucoup de gens ont perdu leur travail ou enregistrent une baisse de revenus. Aussi, l’organisme de première ligne fait face à un double défi : récolter suffisamment de dons pour répondre à une demande accrue. Roland Barbier en est conscient, mais ne baisse pas les bras. « Un don, petit ou grand, améliore le bien-être des enfants, insiste-t-il. La beauté de l’Opération, c’est que tout l’argent récolté retourne dans la communauté. »

L’Opération Sous Zéro en chiffres

- Depuis sa création, en 2004, 29 520 enfants ont reçu un habit de neige.
- Chaque habit coûte en moyenne 70 $.
- L’objectif 2020 : récolter 315 000 $ pour vêtir 4500 enfants.

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien de la Fondation Famille Godin.