Pour un premier week-end depuis le début de l'année, la tournée allait nous garder à l'intérieur d'un rayon de cinquante kilomètres de l'île. D'abord jeudi, nous présentions notre concert au Théâtre de la Ville de Longueil, puis le lendemain à la polyvalente de Ste-Julie.

Mis à jour le 26 févr. 2010
Yann Perreau LA PRESSE

Nous atteindrons la joie extrême, samedi soir, dans un Métropolis rempli à craquer.

Métropolis, 20 février 2010

J'avais déjà foulé la scène du Métropolis; lors d'une carte blanche à Alain Bashung en 2005, en doublé avec Camille en 2006 et en première partie d'Arthur H l'été dernier, entre autres, mais c'était la première fois que mon nom se trouvait inscrit en tête d'affiche sur la marquise de la salle mythique de la rue Ste-Catherine.

Après seize ans de travail, de hauts et de bas, un de mes fantasmes de jeunesse aura eu lieu devant plus de deux milles personnes venues célébrer au rythme de mes chansons. Merci la Vie.

À 15h00, j'étais dans la salle avec mon équipe pour l'installation des instruments et le réglage de la sonorisation. Autour de 17h00, nous laissions place au groupe Final Flash (www.myspace.com/finalflash) pour leur balance de son. Ce sont eux qui allaient gaiement réchauffer la bâtisse.

Dans la loge d'avant spectacle, le climat était rieur et excité; quelques bouteilles vides décoraient déjà la table.

À 20h10, je suis allé saluer le public et présenté la première partie. Y'avait de l'amour dans l'air à couper au couteau.

21h00 et des poussières, nous nous lancions en scène pour la quitter, sans dessus dessous, un peu moins de deux heures plus tard. Chacun en maîtrise de son rôle à jouer, on a su propager les vibrations parfaites pour tout casser.

Partout dans la bâtisse, ça bougeait, ça criait, ça aimait, tellement qu'après la prestation, la production nous a confirmé une autre supplémentaire. Bienvenus au Métropolis le 26 novembre prochain!

Photo: Bill Creton

Yann devant le Métropolis

Dimanche ensoleillé d'hiver

Le lendemain au réveil, frais et disco comme un petit diable, comblé de notre performance de la veille, j'ai proposé à ma belle une promenade dans Montréal.

D'abord, nous sommes allés déjeuner au restaurant El Sombrero, 500 rue Bélanger; sûrement une des meilleures assiettes mexicaines de la ville, en plus d'être des plus abordables.

Après les huevos rancheros, nous étions d'attaque pour aller sur la montagne.

Le Mont-Royal

En plus d'être le poumon de l'île, le Mont-Royal est un lieu de beautés, de rencontres, de sports et de méditation accessible à tous. Sans doute l'un des plus bucoliques et conviviaux parcs urbains en Amérique du Nord.

En ce dimanche ensoleillé, il y avait une foule de patineurs sur le Lac aux Castors. Au loin à flanc de colline, des centaines d'enfants et adultes s'amusaient à descendre les glissades enneigées, alors qu'à travers les arbres maigrichons de la forêt, on pouvait apercevoir des gens à skis de fond. Ça fourmillait, quoi!

Nous avons mis nos raquettes et avons tenté tant bien que mal de nous retrouver seuls dans les bois, question de sentir ce pseudo feeling d'être égaré en nature. Pas toujours facile d'être citadin.

Photo: Marie-Pier Veilleux

Mogly et Tweety Bird dans la forêt vierge du Mont-Royal

Vieux-Port

Après notre excursion de grands explorateurs, on est rembarqué dans la Yaris pour nous diriger vers le Vieux-Port où le festival Montréal en Lumières offre panoplie d'activités et de kiosques de toutes sortes.

L'ambiance y est cordiale, vivante et tellement dynamique qu'on a envie de dire que le site mérite une fois pour toute que la population montréalaise se réapproprie son bord du fleuve. C'est dit.

Nous sommes revenus chez-nous au coucher du soleil en nous disant qu'il faudrait oser fouiller notre ville plus souvent afin de mieux la connaître.

Je vous laisserai avec un poème de mon ami Fabien Marsaud.

Rien de mieux qu'un visiteur visionnaire pour décrire avec justesse la ville dans laquelle on vit.

Montréal (vue par Grand Corps Malade)

Comme j'suis quelqu'un de pas compliqué,

j'écris des textes sur ce que je vois

Alors assis dans un café,

Je regarde la vie autour de moi

Derrière la vitre il fait bien jour

Et y'a du vent dans les arbres

J'regarde le speed au pied des tours

Et mes toasts au sirop d'érable

J'me suis levé bien avant 7 heures,

C'est un exploit temporaire

Habituellement ça me ferait trop peur

Mais j'suis en décalage horaire

J'apprécie mon nouveau réel,

J'ai fait voyager mon moral

Je sens que la journée sera belle,

Me revoici à Montréal

On m'a dit qu'ici l'hiver est dur

Alors j'suis venu au printemps

Six mois dans le froid c'est la torture,

Si je peux éviter j'aime autant

Mais ce matin l'ciel est tout bleu

Et je sens qu'mon coeur est tout blanc

J'vais connaître la ville un peu mieux,

Je veux voir Montréal en Grand

J'ai plutôt un bon a priori

Parc'que les gens sont accueillants

Y'a plus de sourires qu'à Paris

Et puis surtout y'a leur accent

Mis à part quelques mots désuets

Ils parlent le même langage que nous

Mais pour l'accent j'sais leur secret,

Ils ont trop de souplesses dans les joues

Niveau architecture, Montréal,

C'est un peu n'importe quoi

Y'a du vieux, du neuf, des clochés

Et des gratte-ciels qui se côtoient

Mais j'aime cette incohérence

Et l'influence de tous ces styles

J'me sens bien dans ces différences,

J'suis un enfant de toutes les villes

Y'a plein de buildings sévères,

Y'a des grosses voitures qui klaxonnent

Et des taxis un peu partout,

C'est l'influence anglo-saxonne

Y'a des vitraux dans les églises

Et des pavés dans les ruelles

Quelques traces indélébiles

De l'influence européenne

Y'a des grands centres commerciaux et des rues droites qui forment des blocks

Aucun doute là-dessus, Montréal est la petite soeur de New York

Y'a des petits restos en terrasse, un quartier latin et des crêperies

Aucun doute là-dedans, Montréal est la cousine de Paris

Dans les lumières de l'après-midi, j'ai 'chillé'

Sur Sainte-Catherine

Et là j'ai 'magasinné',

Pas question de faire du shopping

Moi j'aime bien la rue Saint-Denis,

C'est peut-être pas juste un hasard

Et sous le Plateau des bobos

J'ai pris l'soleil à la Place des Arts

J'ai bien aimé le vieux port

Et ses fantômes industriels

Et bizarrement le quartier des musées,

J'le visiterai la fois prochaine

Je prétends pas connaître la ville,

J'suis qu'un touriste plein d'amitié

Mais j'aime ce lieu,

Son air et ses visages du monde entier

J'me suis arrêté pour observer

La nuit tomber sur Montréal

Et l'dernier clin d'oeil du soleil changer

Les couleurs du Mont Royal

Les phares des voitures

Ont rempli les interminables avenues

Je me suis senti serein,

Un peu chez moi, un peu perdu

Je me suis réfugié dans un Starbuck

Afin de finir de gratter

Mon petit hommage sur cette ville

Où je me suis senti adopté

Sur ses habitants tellement ouverts

Qui parlent un drôle de patois

Et qui m'ont offert leur écoute

À 10 mille bornes de chez moi

Je reviendrai à Montréal

Car j'y ai eu 'ben du Fun'

Cette ville où les 'chums' ont des 'blondes'

Et où les 'blondes' ont des 'chums'

J'ai pas encore vu grand-chose,

J'veux découvrir et j'sais pourquoi

Je reviendrai à Montréal

Voir les cousins québécois.

Photo: Yann Perreau

Lac aux Castors sur le Mont-Royal