Plusieurs personnes se dressent une petite liste de pays à visiter, d’endroits à explorer. La Presse a demandé à trois grands voyageurs de nous raconter comment ils choisissaient leurs destinations.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Gilles Proulx : Ma liste est « dans ma tête »

PHOTO FOURNIE PAR GILLES PROULX

Pour Gilles Proulx, un grand voyageur, la Bolivie est un pays particulièrement magnifique.

Notre voyageur

Pendant 46 ans, Gilles Proulx a été animateur à la radio et à la télévision. Ce grand globe-trotteur a 102 pays au compteur. Maintenant à la retraite, il continue à planifier des voyages à 80 ans.

Son type de liste

Ce grand voyageur ne consigne pas les destinations qu’il veut visiter sur une feuille de papier ou dans un ordinateur : « C’est dans ma tête, c’est ma mémoire qui joue. »

Ses inspirations

Comme Gilles Proulx a toujours été dans le domaine de l’information, ce sont les bulletins de nouvelles qui l’ont d’abord inspiré : la crise des missiles de Cuba, la guerre du Viêtnam, les tensions en Irlande du Nord, la mort de Che Guevara dans un village perdu de Bolivie. « Tout ça éveillait mon imagination. Je me disais qu’un jour, il fallait que j’aille voir ça. » Ses lectures l’inspirent aussi et l’amènent à retourner explorer des pays qu’il a déjà visités pour approfondir ses connaissances. « Ces contacts que j’établis avec les livres que j’ai lus et les films que j’ai vus apportent à l’amant de l’histoire que je suis une grande satisfaction. »

Sur sa liste actuellement

Gilles Proulx avait trois ou quatre voyages en réserve qu’il a dû reporter en raison de la pandémie. Il veut notamment visiter le château de Vaux-le-Vicomte, qui a appartenu au superintendant Nicolas Fouquet, qui aurait fraudé Louis XIV. Il veut aussi suivre les traces d’Adolf Hitler en Bavière et assouvir sa passion pour la photographie en visitant les Cinque Terre, en Italie. « À l’âge que j’ai, j’ai pris ma retraite à l’égard des pays qui demandent de 30 à 35 heures d’avion. Je me concentre sur l’Europe. »

François-Guy Thivierge : « Il y a des choses que je n’aurais jamais réalisées si je n’avais pas fait de liste »

PHOTO FOURNIE PAR FRANÇOIS-GUY THIVIERGE

Les listes amènent François-Guy Thivierge à visiter des régions qu’il ne connaît pas, comme l’Amérique centrale.

Notre voyageur

François-Guy Thivierge est un entrepreneur de Québec qui possède notamment une école et un gym d’escalade. C’est aussi un aventurier qui a atteint le sommet des sept continents (cette liste compte l’Antarctique et scinde l’Amérique en deux, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud) et les deux pôles.

Son type de liste

Il a pris l’habitude de faire des listes en tant qu’entrepreneur : se faire un plan d’affaires, aller voir les banques, etc. Il a gardé cette habitude dans le domaine de l’aventure et consigne soigneusement sur ordinateur ses listes de sommets à atteindre. « Ça donne un objectif pour le long terme. Avec une liste, tu sais que si ça ne marche pas pour un sommet une année, ça pourra fonctionner une autre année. »

Ses inspirations

C’est un peu par la force des choses qu’il a confectionné sa première grande liste, celle qu’il appelle les Sept sommets plus deux. Au début, il voulait simplement escalader l’Everest. Lorsqu’il a réussi cet objectif, il a réalisé qu’avec l’Aconcagua et le Kilimandjaro, il était déjà très avancé dans la liste. Il a donc décidé de poursuivre sa quête et a concocté une nouvelle liste de sommets en se basant sur quatre critères : « Je suis un grimpeur de roche, de glace et de montagne. J’aime aussi découvrir de nouveaux pays. Mes choix découlent donc d’un mélange de ces quatre choses-là. » François-Guy Thivierge ne vise pas nécessairement le plus haut sommet des différents pays, il vise surtout de belles montagnes, de belles voies alpines. Ainsi, il consulte divers livres spécialisés, avec des titres comme Les 50 plus belles ascensions d’Amérique du Nord ou Les 100 plus belles courses en montagne du massif du Mont-Blanc.

Sur sa liste actuellement

Lorsqu’il a récemment atteint l’âge de 55 ans, François-Guy Thivierge s’est donné comme objectif d’escalader 55 belles montagnes ou voies alpines en 55 mois au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Amérique du Sud. Ça a bien commencé. Dans les 13 premiers mois, il a accompli 13 ascensions dans 9 pays, notamment en Amérique centrale, une région qu’il connaissait peu. La pandémie l’a toutefois obligé à prendre une pause de six mois. Il se donne maintenant jusqu’en décembre 2024 pour réaliser ses projets.

Lydiane St-Onge : « J’ai le goût de voir toute la planète au complet »

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE LYDIANE AUTOUR DU MONDE

Bonjour Québec a choisi Lydiane autour du monde pour être l’ambassadrice de sa campagne au Québec en 2020.

Notre voyageuse

Lydiane St-Onge a abandonné son métier de courtière immobilière en 2013 pour devenir globe-trotteuse à plein temps. Elle raconte ses aventures et donne des conseils sur son site Lydiane autour du monde, sa page Facebook et dans le cadre de conférences. Elle a déjà visité une cinquantaine de pays.

Son type de liste

Lydiane raconte d’abord qu’elle n’est pas une grande planificatrice et qu’elle suit davantage le feeling du moment… ou la bonne aubaine. « De toute façon, j’ai le goût de voir toute la planète au complet, je vais y aller selon les billets d’avion. » Puis, elle reconnaît qu’elle a une sorte de liste en tête des endroits où elle voudrait vraiment aller dans les prochaines années. « Mais je n’ai rien sur papier. »

Ses inspirations

Il y a des pays dont elle entend parler, il y a des images qui la frappent, il y a des pays qu’elle n’a pas visités lors de voyage dans une région et qui lui restent en tête. « Le Moyen-Orient me fascine beaucoup. J’y ai passé deux mois et demi, il y a quelques années, mais je n’avais pas fait la Turquie et le Liban. Ce sont deux destinations qui me tentent beaucoup. » Mais Lydiane St-Onge dresse surtout sa liste mentale en fonction des activités de plein air qu’elle veut exercer. « Je n’irais pas à Londres pendant une semaine à juste marcher dans la ville. J’irais une seule journée, puis j’irais dans le nord du pays pour faire du camping et faire du surf. J’ai entendu dire qu’en Angleterre, on peut aller surfer ! » Elle s’inspire aussi de livres du genre 1000 lieux à avoir avant de mourir, mais aussi de livres plus nichés, comme Les plus beaux sites de plongée dans le monde.

Sur sa liste actuellement

L’aventurière trouve le deuxième confinement plus difficile que le premier. Pas question pour elle de voyager à l’étranger à ce moment-ci en raison de la quarantaine obligatoire. Heureusement, elle considère que le Québec est un immense terrain de jeu. « Nous ne sommes pas à plaindre. Et on a le Canada en plus. Je vais me concentrer là-dessus. » Mais elle avoue qu’elle a vraiment, vraiment envie de retourner à l’étranger. « L’Europe m’appelle énormément. Ça fait longtemps que je n’ai pas été en France. Je veux aussi retourner au Portugal, en Italie. Mais j’aimerais aussi retourner en Indonésie, visiter plusieurs îles autres que Bali. »