On est en Papouasie–Nouvelle-Guinée, dans la zone de conservation Yus, au petit matin. Les chants des oiseaux s’entremêlent : des mélodies sonores, des vocalises discrètes, des cris soudains, des plaintes obsédantes…

Marie Tison
Marie Tison La Presse

On ouvre les yeux pour se retrouver dans un appartement de Montréal, devant un écran, alors que dehors, la pluie ne cesse de tomber.

On repart en voyage. Cette fois-ci, c’est à Andasibe, à Madagascar. On entend le bruit de pas dans la forêt, mais surtout, les appels fantomatiques de l’indri, le plus gros lémurien de l’île.

On rouvre les yeux et on jette un coup d’œil sur la carte du monde qui s’étale sur l’écran. De petites pastilles indiquent les liens où un enregistrement de sons de la nature est disponible : pour une autre petite virée en forêt, va-t-on se diriger vers le Panamá, le Danemark ou l’Alaska ?

Ambiance d’une forêt du Queensland, en Australie

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La carte interactive Sounds of the Forest est un projet mis en place dans le cadre d’un festival de la forêt qui aura lieu en juillet prochain, en Angleterre. L’idée est de créer une banque de sons de la nature provenant de partout dans le monde et de la rendre accessible aux artistes qui voudraient s’en inspirer ou en incorporer des extraits dans leurs œuvres.

La banque est aussi mise à la disposition de monsieur et madame Tout-le-Monde, qui ont désespérément besoin de se fermer les yeux un moment et d’écouter le chant guilleret d’un carouge à épaulettes ou la brise dans une forêt de bouleaux.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Carouge à épaulettes

Effet apaisant

Les sons de la nature sont particulièrement apaisants et ont le pouvoir de faire voyager en pensée. Plusieurs études portent sur les effets bienfaisants de ces sons. Selon l’une d’elles, effectuée en 2019 pour le compte du National Trust, un organisme britannique qui gère 26 000 hectares de forêt en Grande-Bretagne, les sons de la nature seraient plus efficaces qu’une séance guidée de méditation ou que le simple silence pour augmenter la sensation de relaxation.

Une autre étude, publiée par une équipe de la Brighton and Sussex Medical School en 2017, a mesuré le degré de relaxation de sujets lorsqu’ils écoutaient des sons de la nature et des sons d’origine artificielle. L’équipe a notamment utilisé l’imagerie par résonance magnétique pour mesurer l’activité du cerveau et un moniteur pour mesurer le rythme cardiaque. Les chercheurs concluent que les sons de la nature entraînent chez les gens stressés un plus grand niveau de relaxation.

Ils expliquent que lorsque les sujets écoutent des sons de la nature, les connexions de leur cerveau indiquent qu’ils portent plus d’attention à ce qui se passe à l’extérieur alors que lorsqu’ils écoutent des sons artificiels, leur attention se concentre davantage sur ce qui se passe à l’intérieur d’eux-mêmes. C’est le même genre d’état qu’on observe dans les cas d’anxiété, de syndrome du choc post-traumatique et de dépression.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Le vent dans les branches, dans les feuilles, un bruit très apaisant.

Pour leur part, des chercheurs de l’Université de Stockholm ont soumis des sujets à un test particulièrement stressant de calcul mental avant de leur faire écouter des sons de la nature ou les bruits d’un environnement urbain. Ils ont constaté que les sujets se remettaient plus rapidement du stress lorsqu’ils écoutaient des sons de la nature.

Une petite marche dans le bois ferait donc des merveilles pour diminuer le stress. Ou au moins, écouter des extraits de sons de la nature.

Heureusement, il est assez facile de trouver de tels extraits. Il suffit de faire une petite recherche sur YouTube en tapant les mots « sons de la nature » ou « sounds of nature » pour trouver un grand nombre de vidéos. Cet enregistrement sonore, par exemple, dure huit heures !

> Écoutez l’enregistrement

> Consultez la carte de « Sounds of the Forest »