Alexy L’Heureux se passionne pour la pêche. Il ne se fait pas prier pour parler de ses types de pêche préférés, comme la pêche au brochet.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

« Parfois, j’essaie un leurre flottant. Le brochet saute sur le leurre à la surface, ça fait une belle attaque. Ça te surprend, mais tu sais que tu l’as sur ta ligne : tu donnes un grand coup pis c’est parti. C’est vraiment le fun. »

Il aime aussi la chasse, notamment la chasse au chevreuil.

« Tu es dans la nature. Il fait froid, mais tu es bien dans ton suit, tu vois les animaux. C’est tout un feeling. »

Alexy L’Heureux a 13 ans. Il a été initié à la chasse et à la pêche par son père. C’est tout naturellement qu’il s’est joint au club de chasse, pêche et piégeage de son école secondaire privée, le Collège du Mont-Sainte-Anne, à Sherbrooke.

« Ça te fait des amis. Tu peux parler de pêche avec eux et moi, j’aime ça parler de pêche ! »

Des scouts au club

Cela fait déjà plusieurs années que le Collège du Mont-Sainte-Anne offre ce club en tant qu’activité parascolaire.

« Pendant longtemps, il y a eu une troupe de scouts à l’école, raconte Alexandre Martin, directeur des services aux élèves et responsable du club de chasse, pêche et piégeage. Il y a eu une baisse d’intérêt pour le scoutisme. Avec les enseignants qui s’impliquaient avec moi, on s’est demandé comment virer ça. »

L’idée de base était de passer du temps avec les élèves, de créer des liens. Comme certains responsables (dont M. Martin) étaient des amateurs de pêche, ils ont décidé de créer un club de pêche. La chasse et le piégeage se sont ajoutés naturellement.

Comme c’est une école pour garçons, c’est directement lié aux intérêts de certains. Nous avons beaucoup de jeunes qui font de la chasse avec leur famille, mais il y en a aussi qui veulent chasser ou pêcher, mais à la maison, il n’y a pas d’intérêt pour ça.

Alexandre Martin, directeur des services aux élèves et responsable du club de chasse, pêche et piégeage

Le club offre des activités de formation à l’école, mais aussi des sorties. Il y a une semaine, une trentaine de jeunes et leurs accompagnateurs ont passé quatre jours à la pourvoirie B & B de La Tuque pour des séances de chasse et de pêche.

Au club, les élèves peuvent s’initier à divers types de pêche, comme la pêche à la mouche, la pêche en rivière et sur lac, la pêche blanche.

En ce qui concerne la chasse, on se concentre sur l’arbalète.

« Pour l’instant, on a décidé de ne pas inclure l’arme à feu pour une question de sécurité », fait savoir M. Martin.

Alexy L’Heureux a déjà eu l’occasion de chasser le chevreuil à la carabine avec son père. Il apprécie toutefois l’arbalète.

« C’est plus dur, mais ça rend la chasse plus cool, affirme-t-il. Il faut que tu t’approches plus de l’animal parce que tu ne peux pas le tirer de très loin. C’est tout un défi. »

Formations adéquates

Les jeunes suivent évidemment les formations appropriées, puis entament une période d’apprentissage avec des adultes. Pour la chasse au dindon sauvage, par exemple, le ratio est d’un guide pour un élève.

En ce qui concerne le piégeage, les jeunes abordent toutes les étapes : la fabrication des pièges et des licous, l’installation, la récolte, la préparation des peaux pour la vente, la taxidermie.

« Que ce soit à la pêche, à la chasse ou au piégeage, les jeunes vont apprêter les captures, les goûter et les manger », explique Alexandre Martin.

Les élèves vont souvent préférer l’une ou l’autre des disciplines.

« J’ai quelques jeunes qui ont accroché à la transformation des peaux, raconte M. Martin. C’est un travail de minutie, de concentration, qui demande une certaine délicatesse et une certaine habileté. »

D’autres sont de sérieux pêcheurs.

« Ils sont bien meilleurs que nous parce qu’ils passent leurs fins de semaine, leurs soirées là-dedans. »

Pour d’autres encore, c’est la chasse qui prime.

« Ces temps-ci, j’ai des garçons qui me parlent de chasse tous les jours. Ils viennent me montrer ce qu’ils ont sur les caméras-espions qu’ils ont installées dans le bois. »

Respecter la nature

L’un des objectifs du club, c’est de faire de ces jeunes des chasseurs, pêcheurs et piégeurs qui vont respecter la faune.

Ce qu’on va apprendre aux jeunes, c’est que nous avons une belle qualité de ressource, une belle quantité, mais qu’il faut agir de façon à la respecter et à faire en sorte qu’elle va encore être là pour les générations à venir. Il y a de l’éducation à faire à ce niveau-là.

Alexandre Martin, directeur des services aux élèves et responsable du club de chasse, pêche et piégeage

Alexys L’Heureux a déjà assimilé ce concept.

« J’aime ça relâcher les poissons, j’aime les voir repartir dans l’eau, raconte-t-il. Je me dis que je vais revenir plus tard et que je vais les repogner. »

L’autre objectif, c’est évidemment de motiver des garçons qui ont peut-être plus de difficultés à l’école.

« On veut susciter un intérêt, une passion, explique Alexandre Martin. On sait qu’un jeune qui a une passion à l’école va mieux performer. Si on veut contrer le décrochage, spécialement chez les garçons, il faut absolument développer des passions. »

Pour certains jeunes, le club de chasse, pêche et piégeage a fait une différence.

« J’ai des témoignages de parents : “Si ce n’était pas de ça, mon garçon n’aurait jamais accroché autant.” »