Pour explorer des contrées éloignées, découvrir les secrets cachés d’une destination et vivre ainsi une expérience unique et plus enrichissante… rien de tel qu’un chauffeur ! Un luxe souvent plus accessible qu’on le pense. Le journaliste Pierre Gingras en a fait l’expérience au Maroc. Récit.

Pierre Gingras Pierre Gingras
Collaboration spéciale

Un chauffeur, c’est bien sûr un peu plus cher qu’une location de voiture. Mais tout compte fait, cela peut s’avérer très avantageux, surtout dans un pays où les distances sont considérables, où l’on rencontre des problèmes de communication, de sécurité, ou encore… lorsque la police se fait trop insistante.

Voyager avec un chauffeur, c’est visiter un pays dans la plus grande tranquillité d’esprit possible, explique Nathalie Bélanger, propriétaire d’Expérience berbère tours, une agence de la Rive-Sud qui organise des circuits marocains uniquement avec chauffeur particulier. « Non seulement vous réglez les soucis d’orientation, de station d’essence ou de langue, mais vous découvrirez des coins imprévus en plus de partager une expérience humaine avec quelqu’un qui voudra vous faire connaître son pays. »

Les forfaits offerts par cette agence incluent habituellement l’hébergement et les repas. Dans notre cas, nous avions réservé les services d’un chauffeur recommandé par des amis et choisi nous-même notre hébergement sur l’internet. Nous avons passé 10 jours consécutifs avec notre chauffeur, toujours ponctuel, affable et serviable.

Gagner du temps

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Aït Ben Haddou fait partie du circuit traditionnel lorsqu'on visite le Maroc.

Embaucher un chauffeur, c’est d’abord épargner un temps précieux. En plus de connaître parfaitement son itinéraire, il s’arrête dans les stations d’essence où les toilettes sont les plus propres (les distances sont grandes au Maroc), vous mène aux guichets automatiques sécuritaires et fonctionnels, vous propose des bouibouis sympathiques sans danger de gastro. Si, un soir, vous avez envie d’une bouteille de vin, une denrée plutôt rare en pays musulman, il pourra même vous conduire à un dépanneur qui vend de l’alcool. Il sera aussi d’un grand secours dans les régions éloignées où l’on parle peu le français et vous conseillera sur le prix à payer pour acheter des souvenirs. À Marrakech, alors que nous étions à l’arrêt sur un feu rouge, une voiture nous a emboutis à l’arrière, sans grand dommage heureusement. L’affaire s’est réglée en quelques minutes. Notez qu’aucun chauffeur ne peut servir de guide dans les lieux historiques. Pour une visite personnalisée, il vous faudra donc un guide officiel.

Les découvertes

De la ville de Fès, où nous étions pour trois jours, notre chauffeur nous a fait découvrir sur demande les magnifiques ruines romaines de Volubilis et la ville de Meknès, un lieu touristique réputé. À Marrakech, il nous a suggéré une visite de la vallée d’Ourika pour découvrir les sept cascades du village berbère de Setti-Fatma. Tout le long de la rivière serpentant dans la vallée, une foule de petits restos en plein air accueillent leurs clients, qui peuvent même manger les pieds dans l’eau. Une journée mémorable. Sans compter, au cours du voyage, les arrêts impromptus hors des sentiers battus.

Le stationnement

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On ne peut visiter le Maroc sans une pause à Marrakech.

Les routes marocaines sont habituellement en excellent état, mais le stationnement est souvent un casse-tête, surtout dans les grandes agglomérations. Si vous logez dans la vieille partie de la ville, la médina, il faudra laisser la voiture à l’extérieur des murs. Votre chauffeur fixera pour vous la rencontre avec votre locateur, qui aura réservé un porteur et son chariot pour vos bagages. Il viendra vous cueillir ou vous déposer à l’heure dite. Ailleurs, il saura négocier avec ceux qui monopolisent un bout de rue contre stationnement et surveillance du véhicule.

La police

La police marocaine est omniprésente sur les routes, toujours le radar à la main. Comme nous avons pu le constater, les agents se cachent derrière les bosquets et les clôtures ou s’installent sur des balcons pour vérifier votre vitesse. Dans certains cas, c’est avec les jumelles qu’on surveille de loin les dépassements interdits. Les amendes, payables sur place, varient d’environ 45 à 100 $CAN selon votre vitesse excédentaire. La limite la plus fréquente sur notre circuit était de 80 km/h, mais elle tombait très rapidement à 40 km/h à l’entrée des villages. Avec un chauffeur expérimenté, c’est autant de pièges évités et de temps gagné.

Combien ?

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Dans la vallée d’Ourika, tout le long de la rivière qui y serpente, une foule de petits restos en plein air accueillent leurs clients.

Il en coûte autour de 170 $ à 220 $CAN par jour pour un chauffeur et une voiture confortable au Maroc, tarif qui s’applique pour deux ou quatre personnes. Notre VUS était parfait pour deux voyageurs. Le chauffeur assume tous ses frais. À ce prix, vous évitez le coût de location d’une auto, souvent élevé, d’assurances et parfois d’un dépôt important sur la carte de crédit. À vous de magasiner sur l’internet et de bien préciser le service souhaité. Le circuit traditionnel est Fès, Merzouga, à la porte du Sahara, Aït Ben Haddou et Marrakech. Évidemment, on peut procéder à l’inverse. Un conseil : après deux ou trois jours à Casablanca, faites l’expérience du train jusqu’à Fès ou Marrakech. Un trajet agréable et peu coûteux. 

Le pourboire

Attendez-vous qu’un jour ou l’autre, votre chauffeur vous réclame discrètement un pourboire, ne serait-ce que pour payer certaines de ses petites dépenses. À vous d’en fixer le montant selon l’appréciation de la prestation. Environ de 10 à 15 $CAN par jour, un peu plus si le cœur vous en dit. Ce sera très apprécié, d’autant plus que son salaire n’est jamais élevé.