Vie de van, beau livre signé Julien Roussin-Côté lancé hier, vante le bonheur et la liberté de vivre sur la route. Catherine L'Italien, 30 ans, et Patrick Maillé, 35 ans, figurent parmi les adeptes qu'on croise dans ces pages. Ils ont entrepris de traverser les Amériques jusqu'à Ushuaia, en Argentine, dans un minibus scolaire converti en septembre 2017.

Publié le 11 avr. 2019
ALEXANDRE VIGNEAULT LA PRESSE

Après un bref retour au Québec l'été dernier, histoire de renflouer les coffres, Catherine L'Italien et Patrick Maillé ont récupéré leur véhicule au Costa Rica en octobre et se trouvent maintenant en Équateur. Catherine raconte, assise face à l'océan Pacifique.

« On a vu dans notre entourage des gens travailler toute leur vie pour se rendre à la retraite mal en point, malades, sans le sou ou dans différentes situations qui les empêchaient de réaliser ce dont ils avaient toujours rêvé.

« On en est venus à la conclusion que ce serait notre cauchemar de travailler toute notre vie en espérant en profiter à la retraite et en ne sachant pas si on aurait la chance de s'y rendre en bonne santé. » - Catherine L'Italien

« On est plus aventureux à l'âge qu'on a, on prend plus de risques, on sort plus facilement de sa zone de confort. On s'est dit qu'on était aussi bien d'en profiter tout de suite.

« Quand j'ai fini mes études, on est allés un an en Asie, sac au dos. [...] Là, on voulait vivre un autre type d'aventure et on est tombés sur le van life. Sur un gars en particulier, qui est monté du Chili jusqu'en Alaska en Westfalia pendant un voyage qui a duré quatre ans. On s'est dit : c'est une bonne idée, c'est une bonne façon de voyager. Tu as ta maison, ton confort, tu peux aller n'importe où, là où les touristes ne vont jamais. On est tombés en amour avec l'idée.

« Là, on s'est posés. On prend des vacances du van life. J'ai dit à mon chum que j'avais besoin de sortir un peu. On a toujours une espèce de charge mentale : on ne sait pas où on va dormir, où on va faire le plein d'essence ou de propane, où on va trouver de l'eau, où on va pouvoir stationner pour prendre une douche. On change toujours de destination, alors on n'a jamais de points de repère : on ne sait pas où aller faire l'épicerie, on ne trouve pas les mêmes produits d'un pays à l'autre, ce n'est pas toujours la même devise. On est en constante adaptation, alors après un an et demi, ça peut être lourd. [...] On a une relation forte, alors ça se passe bien, mais c'est sûr que ce n'est pas pour tout le monde.

« On montre juste les beaux côtés du van life comme on le fait pour tout le reste sur les réseaux sociaux. Je prenais aujourd'hui une photo de la plage avec toutes les poubelles sur le bord... Je n'aurais pas de "likes" avec ça. Les gens ne sont pas intéressés à voir les mauvais côtés. Les gens aiment rêver, aiment s'imaginer qu'ils pourraient peut-être partir et s'identifier à des gens qui le font. La majorité des gens ne le feront pas, mais pendant cet instant-là, ça leur permet de s'échapper de leur réalité.

« Si je pouvais travailler à distance et continuer ce mode de vie, je le ferais, mais je ne pense pas qu'on peut vivre toute sa vie comme ça. Je pense qu'on a besoin de s'ancrer à un moment donné, d'avoir une certaine stabilité. Toujours bouger, ça veut dire toujours faire des adieux, ne pas vraiment avoir d'amis autour de soi. C'est difficile de bâtir des relations. Peut-être que ça peut se faire pendant trois, quatre ou cinq ans, mais après, je pense qu'on va se poser, mais ça ne veut pas dire qu'on va se poser au Canada. On regarde les terrains, les maisons, les options... »

Consultez le site des aventures de Catherine et Patrick.