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Fait-on des aubaines aux boutiques hors taxes?

Depuis quelques années, les aéroports et les grandes... (PHOTO: ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Depuis quelques années, les aéroports et les grandes chaînes font des pieds et des mains pour rehausser le choix et la qualité des produits offerts.

PHOTO: ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Un pied dans l'avion, l'autre dans l'aéroport, la directrice éditoriale des guides de voyage Frommer's passe certainement plus de temps à proximité des boutiques hors taxes que dans les centres commerciaux près de chez elle. Et pourtant, elle n'y fait jamais aucun achat.

«Il n'y a jamais de bonnes affaires!», tranche Pauline Frommer avec aplomb. La dernière fois qu'elle s'est «payé la traite» - un sac en cuir portant la griffe d'un designer mexicain, acheté dans un aéroport du Mexique -, elle a découvert en revenant à New York qu'elle l'avait payé plus cher qu'aux États-Unis!

Et son cas est loin d'être unique. Une recension menée par La Presse au cours des derniers mois révèle aussi que certains produits sont plus chers lorsqu'ils sont achetés dans les boutiques hors taxes que dans les boutiques «régulières».

«Dans un centre commercial, les consommateurs peuvent comparer facilement les prix, ce qui crée une pression à la baisse. Ce n'est pas le cas dans un aéroport où, en plus, plusieurs boutiques [parfois même toutes] appartiennent au même exploitant. On n'a donc pas, ou presque, de concurrence», explique Deny Bélisle, professeur au département de marketing de l'Université de Sherbrooke. Des commerçants peuvent donc profiter du fait que les clients ont le sentiment de faire de bonnes affaires pour hausser leurs prix. L'an dernier, une enquête menée par un office de protection des consommateurs australien (Choice) révélait aussi que les prix de 9 produits sur 13 étaient plus élevés en boutiques hors taxes qu'ailleurs.

Ceci dit, «oui», il y a aussi beaucoup d'économies à réaliser, et assez substantielles parfois. Les meilleures aubaines se situent généralement dans la catégorie des produits les plus taxés: l'alcool et les cigarettes. Les tarifs varient toutefois énormément d'un pays à l'autre: une cartouche de cigarettes Marlboro King Size coûtait quatre fois plus cher à Amsterdam qu'à Nairobi l'été dernier!

«Les économies potentielles dépendent beaucoup de l'aéroport où vous êtes et de votre pays de résidence», observe Gary Scattergood, éditeur de Duty-Free News International. Logique, mais pour les Canadiens, cela veut dire que la chasse aux aubaines s'annonce plus corsée à Londres et en Europe ces temps-ci.

Parce que les résultats sont si nuancés, les consommateurs devraient donc systématiquement comparer les prix avant de passer à la caisse, martèle le professeur en management de l'Université McGill, Karl Moore, spécialiste du commerce dans les aéroports. «Soyez prudents. Vous avez un téléphone intelligent? Servez-vous-en à l'aéroport pour vérifier si le prix est vraiment moins cher que chez vous!»

Un marché en croissance

Depuis quelques années, les aéroports et les grandes chaînes font des pieds et des mains pour rehausser le choix et la qualité des produits offerts. Les marques de luxe comme Chanel, Louis Vuitton, Miu Miu, Hermès, qui préféraient s'en tenir aux plus chics boulevards des grandes capitales, nichent maintenant dans les zones internationales de Paris, Los Angeles, Hong Kong.

Heathrow a même instauré un service de conseiller en magasinage en juin dernier! «Il y a eu une évolution radicale entre la période où l'on proposait essentiellement des produits assez bas de gamme et aujourd'hui, où l'on met surtout l'accent sur les produits de luxe et les grandes marques, remarque Gary Scattergood. Cela s'explique en grande partie parce que les touristes des pays qui dépensent le plus [les Russes et les Chinois, entre autres] les réclament, mais aussi parce que l'industrie mousse les produits «exclusifs», pas offerts dans les boutiques régulières. C'est particulièrement vrai pour l'alcool: on trouve dans les aéroports des single malts, par exemple, à des prix à faire pleurer.»

Le resserrement des contrôles de sécurité fait en sorte que les voyageurs doivent arriver plus tôt à l'aéroport et ont plus de temps à tuer en zone internationale. Les aéroports en ont donc profité pour réaménager leurs aires de magasinage et les rendre plus agréables. «On place les consommateurs dans un état d'esprit assez positif, et cela favorise les achats compulsifs», note Deny Bélisle. Ou alors on profite du stress d'autres voyageurs, qui chercheront un peu de réconfort au bout de leur carte de crédit.

Des prix qui varient

Champagne Veuve Cliquot

  • 77$ dans les SAQ du Québec
  • 63,95$ à Montréal-Trudeau
  • 82,25$ à Lisbonne

Émulsion hydratante «tellement différente» de Clinique (125 mL)

  • 36$ chez Sears à Montréal (taxes comprises)
  • 43$ à Heathrow (Londres)
  • 47$ à Tokyo (vendu en paquet de 2 pots de 125 mL à 94$) 

Eau de parfum J'adore, de Dior, 100 mL

  • 141$ chez Sephora à Montréal (taxes comprises)
  • 140$ à Tokyo
  • 154$ à Francfort

Cigarettes Marlboro, cartouche de 200 cigarettes (le produit n'est pas offert en vente régulière au Canada)

  • 22$ à Nairobi
  • 57,95$ dans une boutique hors taxes près du poste frontalier de Stanstead, au Québec
  • 85$ à Amsterdam




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