Si un apaisement de la crise du coronavirus permet de partir en road trip aux Îles-de-la-Madeleine l’été prochain, il faudra vérifier s’il reste encore de la place sur le traversier. Jamais l’archipel n’a été aussi populaire.

Violaine Ballivy Violaine Ballivy
La Presse

Au début du mois de mars — avant l’annonce des principales mesures limitant les voyages (puis celle demandant de restreindre les déplacements d’une région à l’autre) liées à l’épidémie de COVID-19 —, la CTMA, qui assure la liaison en traversier entre Souris et Cap-aux-Meules, avait déjà enregistré 8948 réservations pour la période allant du 14 juin au 15 septembre. C’est 800 de plus qu’à pareille date l’an dernier. « À la fin, on ne pourra pas vraiment dire qu’on a emmené plus de gens que l’année d’avant, parce qu’on fonctionne déjà pas mal à pleine capacité. Mais les gens réservent de plus en plus tôt et c’est donc plus difficile d’avoir une place pour l’été si on ne s’y prend pas vraiment d’avance », explique Vanessa Loignon, aux communications de CTMA.

L’hébergement touristique aux Îles-de-la-Madeleine étant majoritairement constitué de résidences louées à la semaine, du samedi ou dimanche au samedi ou dimanche suivant, les plages horaires des week-ends de juillet et d’août se sont pour la plupart envolées dès janvier. « On ouvre la réservation dès octobre », précise Mme Loignon.

Croissance soutenue, pression soutenue ?

Les Îles-de-la-Madeleine profitent d’une popularité qui croît de façon soutenue depuis les années 2000. Le nombre de visiteurs y est passé de 40 000 en moyenne à la fin des années 90 à 60 000 en moyenne il y a 10 ans, puis à 80 000 l’an dernier. L’essentiel des arrivées est toutefois concentré entre les mois de juin et septembre (67 500 des 80 000 visiteurs en 2019), ce qui n’est pas sans accroître la pression sur la population locale, d’à peine 13 000 habitants.

La municipalité a ainsi entrepris de sonder, en février et en mars, les citoyens sur l’impact de la croissance du tourisme aux Îles pendant l’été. On leur a demandé de se prononcer sur 33 aspects différents, que ce soit sur l’augmentation de la circulation routière pendant la saison touristique, la « trop grande pression » possiblement exercée sur les services municipaux (gestion de l’eau potable, des déchets, etc.), les effets sur les prix du logement, etc. Les résultats de ces consultations publiques sont attendus dans les prochains mois. Un plan d’action suivra.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

L’hébergement touristique aux Îles-de-la-Madeleine est majoritairement constitué de résidences louées à la semaine.

Touristes : emménagez !

Depuis quelques années déjà, Tourisme Îles-de-la-Madeleine travaille à élargir la période touristique et attirer les visiteurs en dehors de la période de pointe de juillet et août. Mais cette année, aux efforts de promotion des attraits de l’archipel en dehors de l’été s’ajoutera une campagne destinée à convaincre les touristes… de ne jamais repartir ! « 1300 emplois seront disponibles d’ici trois ans, précise le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre. Les gens qui viennent passer leurs vacances ici voient comme c’est beau, que c’est un environnement sécuritaire. Il y a de belles opportunités, des emplois dans tous les domaines, c’est ça qui est intéressant. » 

L’opération séduction des touristes débutera dès leur embarquement sur le traversier, où un kiosque du bureau de recrutement sera installé pour l’été. Au total, ce sont 2000 résidants de plus que l’on espère compter d’ici 2023. Un comité de recrutement a été mis sur pied l’automne dernier, piloté par deux jeunes femmes nouvellement installées aux Îles.

On ne minimise pas le fait que ce n’est pas toujours facile de vivre à l’année ici, mais c’est une très belle aventure dans une belle communauté.

Stéphanie Laroque, agente de la « Stratégie d’attraction des personnes »

COVID-19

Par ailleurs, dans le contexte de la propagation de la COVID-19, la CTMA a assoupli ses politiques de réservation et permet actuellement aux vacanciers qui le désirent d’annuler sans frais leur croisière prévue entre Montréal et les Îles-de-la-Madeleine, dont le premier départ est prévu le 12 juin. « Nous avons quelques annulations, confirme Vanessa Loignon. La croisière touche une clientèle plus âgée. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Depuis quelques années déjà, Tourisme Îles-de-la-Madeleine travaille à élargir la période touristique et attirer les visiteurs en dehors de la période de pointe.

Pour le traversier entre Souris et Cap-aux-Meules, dont la capacité est de 755 personnes, aucun changement à l’horaire n’est prévu pour le moment, même si le gouvernement Trudeau a interdit, vendredi dernier, aux bateaux de croisière de plus de 500 passagers d’accoster dans les ports canadiens. « Nous sommes loin de transporter 500 personnes en basse saison. Ce serait du jamais-vu », dit Vanessa Loignon. La haute saison débutera à la fin de juin. 

La CTMA permet néanmoins aux clients d’annuler actuellement leur réservation, sans frais : le dépôt obligatoire de 50 $ sera remboursé entièrement. Ces politiques seront toutefois révisées régulièrement au gré de l’évolution des politiques gouvernementales et de l’épidémie de COVID-19.