Grâce à un nouveau programme gouvernemental, les régions éloignées du Québec vont se rapprocher.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Enfin, pour être plus exact, elles seront beaucoup plus faciles d’accès pour les visiteurs québécois et étrangers. Le programme Explore Québec permettra de réduire de moitié le tarif aérien d’un forfait pour la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent, l’Abitibi-Témiscamingue, l’Eeyou Istchee Baie-James, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord et le Nunavik.

« Ça tombe à point, on a plein de projets en développement présentement, s’enthousiasme Roch Anctil, directeur exécutif de Voyages Eeyou Istchee Baie-James. C’est vraiment ce dont on a besoin comme outil pour aller chercher de la clientèle. »

Le programme Explore Québec disposera d’une enveloppe de 9,5 millions de dollars pour les quatre prochaines années. C’est l’association des Agences réceptives et forfaitistes du Québec (ARF-Québec) qui gérera cette somme.

La directrice générale de l’association, Marilyn Désy, indique qu’un comité de gestion vient de commencer à définir les critères définitifs du nouveau programme. Quelques critères de base ont déjà été établis : les forfaits visés doivent comprendre le transport aérien, un minimum de deux nuitées et deux attraits phares.

Selon les saisons

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Vue aérienne du Nord québécois

Il y aura également une attention portée à la saisonnalité.

« Par exemple, le rabais ne serait pas applicable pendant la haute saison aux Îles-de-la-Madeleine, alors que c’est déjà plein partout, note Mme Désy. Le rabais va servir à rallonger la saison touristique. Par exemple, on pourrait plus travailler les mois de mai et de juin, ou développer l’hiver. On pourrait faire des forfaits pour que les Québécois restent au Québec. Ça pourrait être la visite des blanchons aux Îles-de-la-Madeleine, parce que ça va devenir plus abordable. »

L’association ne fera pas partie du comité de sélection qui choisira les forfaits, mais elle veillera quand même à ce que toutes les régions y gagnent.

« Il y a des régions pour qui c’est plus facile, rappelle Mme Désy. Ça peut être une question d’accessibilité, mais aussi de capacité ou de maturité du produit. »

Le programme semble particulièrement intéressant pour le Nunavik, qui n’est accessible qu’en avion, à coûts très élevés.

« C’est certain que le programme va donner un coup de main aux pourvoyeurs et aux opérateurs, qui pourront présenter des forfaits plus alléchants, affirme Isabelle Dubois, coordonnatrice de projets à Tourisme Nunavik. Nous avons déjà beaucoup d’aide de la part de nos compagnies aériennes, qui offrent des tarifs préférentiels à nos membres pour monter des forfaits plus abordables : le programme pourra permettre de diminuer encore davantage les coûts. »

Pour sa part, Roch Anctil a hâte d’en savoir plus sur le programme pour bien s’y arrimer et l’utiliser de façon à augmenter la compétitivité de la région.

Voyages Eeyou Istchee Baie-James vise une clientèle internationale, mais aussi une clientèle québécoise.

On entend souvent ce commentaire des gens de Québec, de Montréal ou du sud du Québec : « Ça fait longtemps que je rêve d’aller dans le Nord, mais c’est loin, c’est dispendieux ».

Roch Anctil

Il rappelle que, dans le passé, de nombreux Québécois ont pris la route pour monter visiter les installations du barrage Robert-Bourassa (LG-2), à la baie James.

« Il y a de nouvelles générations qui ne sont pas allées, je pense qu’il y a encore de l’intérêt. Mais en plus, il y a un intérêt croissant pour les communautés autochtones. On peut offrir une expérience beaucoup plus complète. Ceux qui montent pour découvrir le côté technologique développé par Hydro-Québec peuvent aussi découvrir cet autre côté, l’impact que cela a eu sur la communauté locale. Nous avons tout en main pour offrir des expériences hors du commun. »

Croisières à la baie James

PHOTO MATHIEU DUPUIS, FOURNIE PAR TOURISME EEYOU ISTCHEE-BAIE JAMES

Une petite randonnée lors d’une croisière côtière à Wemindji, à la baie James

M. Anctil indique qu’une coopérative de sa région est en train de mettre en branle un autre projet intéressant : des croisières dans les îles côtières de la baie James.

« Ce sera un produit exceptionnel de calibre mondial », lance M. Anctil.

Pour les forfaitistes et les agences réceptives, le marché français est particulièrement intéressant lorsqu’on parle de régions éloignées, affirme Mme Désy.

« C’est rare qu’on veuille aller dans une région éloignée dès un premier voyage, explique-t-elle. C’est plus lors d’une deuxième ou une troisième visite. »

Justement, plusieurs touristes français visitent le Québec à plus d’une reprise et veulent sortir des sentiers battus.

Le programme Explore Québec vise à favoriser le tourisme dans les régions éloignées, mais il a également pour objectif de faire diminuer les tarifs aériens à long terme en augmentant la demande.

D’ailleurs, l’enveloppe de 9,5 millions existait déjà au sein du ministère des Transports, affirme Mme Désy.

« Ils n’avaient pas encore développé le projet, explique-t-elle. Ç’a été repris par le ministère du Tourisme, qui a mis sur pied le projet Explore Québec. »