On a un jour lu quelque part que le tour du lac Témiscamingue figurait parmi les plus beaux voyages à faire à moto. On a eu cet été l’occasion de le vérifier en se joignant à un groupe de motocyclistes de la région. Carnet de route d’une région coup de cœur.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

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Le casse-croûte Kabane à Panache, à Laniel

Laniel

On a fait la rencontre de Gina, Réjean, Marc et Régent à Laniel, petit hameau du Témiscamingue qui abrite depuis l’an dernier l’un des postes d’accueil du parc national d’Opémican.

On en profite pour manger un morceau à la Kabane du Panache, casse-croûte aussi charmant qu’improbable avec ses tables à pique-nique multicolores, ses panaches rose fluo et sa vue imprenable sur le lac Kipawa.

Tacos de poisson, poutine au bœuf épicé, crème sure, tortilla et guacamole, fish’n’chips… un menu franchement délicieux.

Avant de reprendre le chemin en direction sud vers North Bay, en Ontario, on s’enquiert de ce qui nous attend sur la route.

« Je fais le tour du lac quelques fois par année et ce que j’aime, c’est la qualité de l’asphalte et le fait que tu n’as pas à te casser la tête, nous explique Marc Provencher, fondateur du Moto Film Fest de l’Abitibi-Témiscamingue. C’est facile et agréable. »

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« Florence-en-Québec ». Outre les belles maisons de style anglo-saxon, la présence de nombreuses œuvres d’art florentin nous surprend tout particulièrement. Vous avez bien lu. Ces pièces de collection en bronze et marbre rouge ont été offertes à la municipalité en 1930 par Carl Bush Thorne, alors dirigeant de l’usine de Témiscaming — qui allait devenir la Tembec en 1973.

Témiscaming

La route 101 pénètre dans la forêt en louvoyant doucement entre les lacs Témiscamingue et Kipawa jusqu’à Témiscaming, à la frontière de l’Ontario.

Mais avant de passer du côté ontarien de la rivière des Outaouais, ça vaut le coup de s’arrêter dans la « cité-jardin ».

La ville a en effet été conçue selon le concept britannique quand la papetière Riordon Pulp and Paper Co. a ouvert son usine en 1918.

Un héritage pour le moins étonnant que l’on découvre en quittant la route 101 pour emprunter le chemin Kipawa.

La traverse de Mattawa

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La route 533 est mieux connue sous le nom de traverse de Mattawa.

Les routes qui ceinturent le lac sont dociles, avec une qualité de revêtement irréprochable à peu près partout.

Par contre, pour rejoindre la boucle à partir de Montréal en passant par Ottawa, l’itinéraire le plus court nous fait passer par la route 533, mieux connue sous le nom de traverse de Mattawa.

Étroite et sinueuse à souhait, elle impose respect et prudence, surtout dans la section plus au sud, où le gravier se mélange au bitume. Mais on en sort avec le sourire à coup sûr.

Temagami

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Le lac Temagami vu du haut de la tour à incendie construite au sommet du mont Caribou.

Après North Bay, on reprend la direction nord sur la route 11. Prochain arrêt : Temagami, rendez-vous populaire pour amateurs de plein air.

On prend toute la mesure de l’endroit en montant tout en haut de la tour d’observation d’incendie, une construction d’acier de 30 mètres aménagée au sommet du mont Caribou.

Pour ceux qui ne voudraient pas gravir les marches, il y a un belvédère à la base, à moins de cinq minutes à pied du stationnement.

Cobalt

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Ruée vers l’argent. Un circuit historique a été mis en place à Cobalt pour découvrir les principaux lieux qui témoignent de l’héritage minier de la région. Plusieurs bâtiments utilisés à l’époque sont encore en place, ce qui donne un coup d’œil unique à cette municipalité qui a connu son apogée entre 1903 et 1920.

On quitte la route 11 peu après Latchford pour s’engager sur la vieille route 118 en direction de Cobalt, berceau du secteur minier canadien.

Le secteur, concentré dans une zone de moins de 13 km2, comptait à l’époque sur les plus importants gisements d’argent pur au monde au tournant du XXe siècle.

Les vestiges sont encore bien présents, tout comme certains bâtiments centenaires qui témoignent de l’âge d’or de la ville, qui abritait 12 000 personnes en 1911 – 10 fois plus qu’aujourd’hui.

Temiskaming Shores

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Les Suites du Président, à Haileybury, sont aménagées dans six résidences victoriennes converties en gîte qui peuvent accueillir jusqu’à 70 personnes.

Dans cette municipalité bilingue résolument tournée vers le lac, on en profite pour s’arrêter à la jolie marina du secteur Haileybury à l’agréable promenade de New Liskeard.

C’est aussi ici que se trouvent les Suites du Président, six résidences victoriennes converties en gîte qui peut accueillir jusqu’à 70 personnes.

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Nos compagnons de voyage : Réjean Lavoie, Rouyn-Noranda, 38 ans, Marc Provencher, 53 ans, Rouyn-Noranda, Gina Bernèche, 55 ans, Saint-Bruno-de-Guigues et Régent De La Sablonnière, Rouyn-Noranda, 64 ans.

La copropriétaire Nicole Guertin croit fermement au potentiel touristique du Temiskaming ontarien :

« Au début, les Québécois ne figuraient même pas dans les 10 publics ciblés par l’Ontario, nous a-t-elle expliqué. Mais on a convaincu les autorités d’embarquer dans nos projets et ça a fonctionné : aujourd’hui, les Québécois sont au troisième rang des touristes qui visitent notre région. »

Ville-Marie

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Située à 45 minutes de route de Temiskaming Shores, la municipalité de Ville-Marie est le chef-lieu du Témiscamingue québécois.

On repasse du côté québécois pour arriver à Ville-Marie, chef-lieu du Témiscamingue québécois, à 45 minutes de route de Temiskaming Shores. On en profite pour faire une pause sur l’une des terrasses du coquet village.

« À Ville-Marie, c’est spécial, notamment pour la plage publique au cœur de la ville et le grand parc riverain où est organisée la Foire gourmande, nous explique Gina Bernèche, l’une de nos partenaires de randonnée.

“D’ailleurs, bien des gens du coin surnomment le Témiscamingue les ‘petites Laurentides’. Et quand tu tournes le dos au lac, tu as tout le Québec devant toi, c’est vraiment un sentiment particulier.”

Duhamel-Ouest

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Fort Témiscamingue. Le premier fort a été bâti ici en 1685 par les Français pour concurrencer les marchands anglais de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Après la conquête britannique, ce sont les marchands indépendants de la Compagnie du Nord-Ouest qui ont pris la relève au Fort Témiscamingue.

On complète notre boucle en faisant un arrêt au lieu historique national du Fort Témiscamingue, aménagé déjà à l’époque de la Nouvelle-France sur la rive d’un étranglement du lac — l’Ontario est à 250 mètres de la pointe.

On met environ une heure pour faire le tour du site, qui nous rappelle le rôle stratégique de l’endroit à l’époque de la traite des fourrures.