À la recherche d’’une pause culturelle dans un cadre enchanteur ? Que diriez-vous d’’un spectacle où les acrobates s’’exécutent au sommet d'une tour panoramique ?

On pourrait croire que la tour panoramique qui se trouve au bout du Sentier des cimes, à Mont-Blanc, a été construite spécifiquement pour des acrobates… Là-haut, créé par la compagnie Vague de cirque, lui va en tout cas comme un gant. Un spectacle qui devrait donner un nouveau souffle au site restauré en 2022.

La représentation d’une trentaine de minutes s’ajoute à une série d’autres spectacles offerts dans différentes régions du Québec par des municipalités qui cherchent à bonifier leur offre culturelle nocturne dans des lieux de villégiature. Une façon de conjuguer nature et culture.

On pense notamment au spectacle sous chapiteau Éclats, des 7 Doigts, créé l’été dernier à Charlevoix, qui s’installera désormais sur le site du Casino de Mont-Tremblant à partir du 24 juillet, mais aussi, dans un autre registre, à Vol de l’oiseau mécanique, présenté depuis l’été dernier au Massif, ou encore aux parcours lumineux Lumina de Moment Factory.

Le site patrimonial du Sentier des cimes, lui, a été complètement restauré il y a deux ans pour une somme d’environ 23 millions. Cet ancien haut lieu de pisciculture des Laurentides, fondé en 1933, avait été laissé à l’abandon au moment de sa fermeture, en 1992, et ce, jusqu’à ce que la MRC de Mont-Blanc le reprenne en 2008.

PHOTO DANIEL DESMARAIS, FOURNIE PAR LE SENTIER DES CIMES

La passerelle de 700 mètres, qui traverse la forêt laurentienne, mène à une tour panoramique de 40 mètres de haut.

C’est l’entreprise allemande Erlebnis Akademie qui a mené les travaux de transformation. Ils ont investi à eux seuls 18 millions. « Le site compte cinq bâtiments qui ont tous été restaurés, dont un restaurant. Il y a également deux bassins en pierre des champs, dont le bassin principal, qui a lui aussi été refait », dit le directeur général du Sentier des cimes, Nicolas Joly.

Mais l’ouvrage principal est le Sentier comme tel : une passerelle en bois de 700 mètres de long érigée entre 6 et 18 mètres de hauteur, où l’on marche à la hauteur des cimes des arbres, qui mène à une tour panoramique de plus de 40 mètres de hauteur de forme ennéagonale (neuf côtés !). Un autre parcours de 700 mètres, que l’on fait cette fois en mode ascension, contourne la structure tout en douceur jusqu’au sommet.

La tour, qui offre un point de vue magnifique de la région – et notamment du mont Blanc – n’a jamais eu d’autre fonction que de permettre aux promeneurs de contempler la nature. Le projet de Vague de cirque, une compagnie fondée par Alain Boudreau – un des cofondateurs d’Éloize – et Noémie Gervais, qui a un contrat d’un an, avec une option pour l’été prochain, est donc un bel ajout pour le Sentier des cimes.

Le couple Boudreau-Gervais, qui s’est fait connaître avec ses spectacles sous chapiteau au début des années 2010, avait pris une petite pause autour de 2017, avant de s’installer à Val-David avec ses quatre enfants. Au sortir de la pandémie, les deux artistes ont présenté le spectacle Éphémère, un cirque sous les nuages, et puis voilà qu’on les retrouve à la conception de ce nouveau spectacle présenté à Mont-Blanc.

« J’aime l’idée de démocratiser le cirque, dit Noémie Gervais, qui a recruté les quatre artistes de cirque du spectacle. D’amener le cirque dans des lieux insolites, dans la nature, et dans des régions plus éloignées. »

L’artiste de cirque a bel et bien accroché son cerceau, mais elle a conçu Là-haut avec Alain Boudreau, qui signe la mise en scène.

« Le concept est simple, résume-t-elle. On a imaginé une tour d’appartements, avec des histoires de voisinage. C’est sûr qu’on a beaucoup été inspirés par la période qu’on a vécue pendant la COVID-19, et même après, où on constate que les gens restent beaucoup chez eux… Les interprètes de Là-haut sont donc des voisins de palier, qui vont sortir de leur zone de confort. »

PHOTO DANIEL DESMARAIS, FOURNIE PAR LE SENTIER DES CIMES

Léon Le Nestour étudie à l’École de cirque de Québec. On le voit en plein vol dans la zone aérienne de spectacle circonscrite par le metteur en scène Alain Boudreau.

Les spectateurs, eux, sont invités à voir le spectacle des paliers supérieurs de la tour – mais pas des paliers les plus élevés non plus. Trois à quatre paliers sont réservés pour eux. Au total, les quatre paliers peuvent accueillir jusqu’à 300 personnes.

Le filet de sûreté tendu au milieu de la tour pour la sécurité des artistes permet aussi aux acrobates de rebondir dessus à la manière d’un trampoline – avec moins de rebonds, bien sûr, mais tout de même. « Ç’a été l’un des plus grands défis de la conception de ce spectacle, nous dit Alain Boudreau : de rendre le site sécuritaire et de bien circonscrire l’espace de jeu. »

Là-haut nous offre quelques belles performances de l’Espagnole Sabina Arizmendi au tissu aérien (vue au cabaret du Monastère, à Montréal), du Chilien Abraham Hernandez, un des meilleurs acrobates de trickline au monde (une sorte de slackline avec encore plus de rebonds), du Québécois Pierrot Heault, qui fait un numéro à la corde volante et qui chante des airs d’opéra, et enfin d’un étudiant suédois de l’École de cirque de Québec, Léon Le Nestour, qui fait des acrobaties au sol (sur le filet à rebonds).

Bref, une belle pause culturelle dans un cadre enchanteur, que demander de plus ?

Là-haut est présenté au Sentier des cimes à 19 h 30 jusqu’au 1er septembre. Les tarifs sont de 55 $ par personne pour accéder au site et pour voir le spectacle. Il y a également des tarifs familiaux.

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