Notre journaliste se balade dans le Grand Montréal pour parler de gens, d’évènements ou de lieux qui font battre le cœur de leur quartier.

Pour se sentir en vacances dans l’île de Montréal, il fait si bon de mettre le cap tout à l’ouest au bord de l’eau à Sainte-Anne-de-Bellevue.

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Le pont Galipeault relie Sainte-Anne-de-Bellevue à L’Île-Perrot.

La petite ville riveraine de 5000 habitants où règne une ambiance de villégiature est nichée là où la rivière des Outaouais rejoint le fleuve Saint‑Laurent, entre les lacs Saint-Louis et des Deux Montagnes. On peut se prévoir une croisière, visiter le marché public du samedi, ou tout simplement se balader sur la promenade et découvrir les jolis commerces qui longent la rue Sainte-Anne.

Voici un itinéraire avec quelques suggestions :

L’écluse

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L’écluse

À notre arrivée au lieu historique national du Canal-de-Sainte-Anne-de-Bellevue, trois bateaux attendent que l’eau monte dans l’écluse avant de poursuivre leur chemin du lac Saint-Louis à celui des Deux Montagnes. Il faut compter une trentaine de minutes, donc Benoît Lamarche en profite pour prendre l’air sur la terrasse de son ponton aménagée avec du gazon artificiel. Sa femme, Guylaine Robitaille, et lui sont à bord depuis deux semaines. Ils ont quitté Gatineau pour se rendre à Beauharnois et ils sont sur le chemin du retour.

  • Benoît Lamarche a construit son ponton.

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    Benoît Lamarche a construit son ponton.

  • Guylaine Robitaille et Benoît Lamarche

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    Guylaine Robitaille et Benoît Lamarche

  • Kean Lister et Nathan Gagné occupent le poste d’assistant-éclusier pour Parcs Canada.

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    Kean Lister et Nathan Gagné occupent le poste d’assistant-éclusier pour Parcs Canada.

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C’est un test réussi pour leur bateau que Benoît Lamarche a construit lui-même pendant l’hiver. « Nous avons une douche, une salle de bains et un frigo, indique-t-il fièrement. Même un BBQ et des panneaux solaires. »

Sans compter un palan à levier qui permet à Guylaine – qui peine à se déplacer – de monter dans le bateau et d’en sortir à bord d’une chaise.

Au Bout de L’Isle

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Oscar Panez et Lidia Quezada, propriétaires du restaurant Au Bout de L’Isle

En marge de la promenade qui longe l’eau, prisée par les cyclistes, se trouve la rue Sainte-Anne qui n’est pas sans rappeler un petit village des plages de l’État du Maine.

À 10 h un jeudi matin, il y a déjà plusieurs clients au restaurant Au Bout de L’Isle : chez Lidia et Oscar.

« Nous servons des déjeuners, des dîners et de la crème glacée », indique la copropriétaire Lidia Quezada. L’avocate de formation dans son pays d’origine, le Pérou, a acheté en 2014 avec son mari le commerce des anciens propriétaires après y avoir travaillé pendant deux ans. Le couple apprécie l’esprit de communauté de Sainte-Anne-de-Bellevue. « C’est comme un village, dit Oscar Panez. C’est le charme de la campagne, tout en étant branché sur la métropole. »

Boulangerie Darling

  • Michael Kachani et Dorothée Sonigo remplissent le comptoir avant l’ouverture de leur boulangerie.

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    Michael Kachani et Dorothée Sonigo remplissent le comptoir avant l’ouverture de leur boulangerie.

  • Tout est cuit sur place.

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    Tout est cuit sur place.

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Depuis octobre dernier, Sainte-Anne-de-Bellevue a sa boulangerie artisanale, où les pains et les viennoiseries sont cuits sur place – et où nous avons mangé la meilleure focaccia aux olives et au romarin de notre vie ! « Quand nous avons ouvert, les gens faisaient la queue. Ça faisait 35 ans qu’il n’y avait pas de boulangerie à Sainte-Anne-de-Bellevue », souligne Dorothée Sonigo pendant que Michael Kachani enfourne des miches au levain. Le couple a vendu l’entreprise de produits sans gluten Tutti Gourmet et il est heureux d’avoir un commerce de proximité ouvert toute l’année pour les gens du coin et pas nécessairement pour les touristes. Or, des gens viennent de loin pour goûter à leurs produits et on a compris pourquoi après une seule bouchée.

La place des Eaux Vives

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La nouvelle place des Eaux Vives

La Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue a acheté le terrain qui était occupé par le restaurant appelé Marco Bar and Grill, détruit par les flammes en 2019, pour le transformer en place publique. Après un vote de la population, l’espace vert a été baptisé la place des Eaux Vives. « Nous voulions redonner un accès à l’eau », explique Gabriel Vézina, coordonnateur des loisirs à la Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue, où il travaille depuis 10 ans après avoir fait ses débuts comme animateur de camp de jour.

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Le coordonnateur des loisirs Gabriel Vézina

Le jeune homme a aussi été barman au pub Cunninghams et il travaillait le soir où un incendie a ravagé le Marco Bar and Grill. Il vante l’esprit de « village » et les couchers de soleil de Sainte-Anne-de-Bellevue, mais il souligne que la Ville multiplie les efforts pour devenir une destination toute l’année. « C’est rare, les endroits sur l’île de Montréal où on a un accès public comme le nôtre à l’eau », fait-il valoir avant de rappeler que nous sommes là où a grandi le premier ministre du Québec, François Legault.

Le magasin général G. D’Aoust & Cie

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G. D’Aoust & Cie

G. D’Aoust & Cie fêtera son 125anniversaire l’an prochain. C’était un magasin général à son ouverture en 1900, puis c’est devenu une vaste boutique de vêtements, de décoration et d’articles de cuisine. Lors de notre visite, la gérante du magasin, Gwendolyn Zupans, a expliqué que la famille D’Aoust, faute de relève après trois générations, a vendu le commerce qui fait partie de l’histoire de Sainte-Anne-de-Bellevue il y a trois ans. Le nouveau propriétaire est l’homme d’affaires Paul Nassar. On y vend (sur place et en ligne) des produits de belles marques, que ce soit des bijoux Pilgrim, des sacs Pixie Mood, des serviettes Dock & Bay et les fameuses carafes Gurgle Pot en forme de poissons.

Singh’s Arcade

PHOTO FOURNIE PAR SINGH’S ARCADE

Toute la famille aura du plaisir chez Singh’s Arcade.

Il y a deux ans, un étudiant en génie de l’Université McGill a ouvert une salle d’arcade. Gursagar Singh rêvait d’un endroit au décor rétro et nostalgique fréquenté par des jeunes (et moins jeunes !) qui délaissent leur téléphone intelligent pour jouer à un jeu vidéo du bon vieux temps comme Pac-Man et Street Fighter, tout en buvant un lait frappé aux céréales Lucky Charms ou aux biscuits Oreo. Le propriétaire, qui invite fréquemment des artistes, a des projets plein la tête. Il voudrait agrandir les lieux pour tenir une boutique de vêtements vintage et un café. Il faut dire qu’il y a beaucoup d’étudiants à Sainte-Anne-de-Bellevue avec le collège John Abbott et le campus Macdonald de l’Université McGill.

Le parc Lalonde

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Le parc Lalonde

Chaque samedi soir jusqu’en septembre, des spectacles gratuits sont présentés au parc Lalonde, à 17 h. Lovesoniq, Apocalyptik, Tatum Quinn et Tebo Trio font partie des artistes à l’affiche pendant l’été. On peut aussi y savourer à l’ombre un sandwich ou une salade du Café T. W. I. G. S.

Annie’s sur le lac

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La terrasse du Annie’s qui donne sur le bord de l’eau

Pour bien des gens qui s’arrêtent à Sainte-Anne-de-Bellevue, c’est un grand classique de profiter de la terrasse du restaurant Annie’s au coucher du soleil. Le pub qui accueille des clients depuis près de 40 ans occupe l’immeuble d’un ancien hôtel construit en 1855. On peut manger un repas complet ou juste boire un verre en regardant les bateaux se diriger vers l’écluse.

Le Bienheureux

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Le Bienheureux

Pour un restaurant au menu plus raffiné, on opte pour le Bienheureux et sa carte de vins d’importation privée. Parmi les plats du moment, citons l’entrecôte de bœuf avec chimichurri et asperges biologiques ou encore le filet de dorade servi avec un pesto de rapini. On peut aussi y boire le vin du vignoble Souffle de vie, le seul situé dans l’île de Montréal, à Senneville, tout près de Sainte-Anne-de-Bellevue, au nord de l’autoroute 40.

Comment s’y rendre ?

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Le réseau d’autobus de la STM se rend à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Pour ceux qui ne peuvent se déplacer à Sainte-Anne-de-Bellevue par voiture (ou par bateau !), on peut le faire en vélo ou en autobus de la Société de transport de Montréal (STM). Le train de la ligne Vaudreuil-Hudon s’y rend également.