Envie de louer un gros chalet avec l’ancienne gang du cégep ? La patience est de mise. Pour l’instant, il n’est toujours pas permis de réunir plus de dix personnes, ou trois ménages, dans un chalet.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

« On demande à notre clientèle de patienter, affirme Philippe Hamel, président-directeur général et cofondateur de Monsieur Chalets. Il y en a qui veulent réserver pour Noël ou pour la semaine de relâche, pour faire du ski. C’est peut-être mieux d’attendre pour voir ce qui va arriver cet automne avec la COVID. »

M. Hamel fonde notamment beaucoup d’espoir sur le passeport vaccinal. « C’est sûr que ça va nous donner de nouvelles règles du jeu, lance-t-il. On a hâte de voir ce qui s’en vient. »

Chez Monsieur Chalets, une plateforme de location de maisons qui existe depuis sept ans, les choses ont roulé au ralenti cet été pour les très gros chalets, ceux qu’on loue en grands groupes ou à plusieurs, plusieurs familles.

PHOTO FOURNIE PAR MONSIEURCHALETS.COM

Philippe Hamel, président-directeur général et cofondateur de Monsieur Chalets

Il y avait une demande, les gens nous envoyaient des requêtes pour des groupes de 15 ou 20 personnes. Ça pouvait aller jusqu’à 50. Malheureusement, on les refusait parce que ça allait à l’encontre des conditions de la Santé publique.

Philippe Hamel, président-directeur général et cofondateur de Monsieur Chalets

Les gens derrière monsieurchalets.com faisaient également des vérifications lorsque des requêtes portaient sur 12, 13 ou 15 personnes. Il s’agissait, par exemple, de s’assurer qu’on parlait d’un maximum de trois foyers. Ils étaient également vigilants lorsque les locataires se situaient dans la tranche des 18 à 35 ans, histoire d’éviter les gros partys.

« Sincèrement, ça a été du sport de jouer un peu à la police, commente Philippe Hamel. Ce n’est pas une tâche qui est agréable à faire. Par contre, on ne veut pas de mauvaise publicité dans notre industrie et on ne veut pas faire partie des vecteurs de contamination. C’est un peu notre responsabilité sociale qui nous pousse à faire ces démarches supplémentaires. Ça engendre beaucoup de frais supplémentaires pour l’entreprise, mais la COVID, on est tous un peu pris là-dedans. »

Évidemment, il y a eu des plateformes américaines qui acceptaient automatiquement les réservations pour 25 personnes. « Il n’y avait aucune vérification, aucune validation », déplore M. Hamel, qui travaille dans cette industrie depuis 15 ans. « C’est sûr que nos enjeux locaux sont moins importants pour eux. »

S’y prendre d’avance

WeChalet est une autre plateforme québécoise de location de chalets, lancée en mars 2019 par l’entrepreneur en technologie Dany Papineau.

« Un an après, jour pour jour, on est tombés dans la COVID, relate M. Papineau. Ça a été rock’n’roll, ça n’a pas été facile, mais on s’en sort bien. »

Si les grands groupes auraient avantage à attendre un peu avant de procéder à des réservations pour l’automne, les familles et les plus petits groupes ne devraient pas trop tarder.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Dany Papineau, fondateur de la plateforme de location de chalets WeChalet

Environ 50 % de l’inventaire est déjà réservé pour les fins de semaine d’automne.

Dany Papineau, fondateur de WeChalet

« Plus on avance en octobre, plus il y a des disponibilités. En semaine, il y a plus de trous. Mais si les gens veulent réserver, ils devraient prendre de l’avance avant que ça disparaisse. »

Il rappelle comment de nombreuses personnes se sont retrouvées le bec à l’eau quand elles ont voulu réserver un chalet pour le mois de juillet. « Tout était sold-out. Les gens avaient commencé à réserver en février, mars et avril. »

Il note que les réservations pour Noël ont tendance à commencer au mois d’août. Il souligne également que les politiques de réservation sont flexibles. « C’est mieux de s’y prendre à l’avance pour avoir accès aux meilleures propriétés. »

Dany Papineau se montre optimiste quant aux locations de chalets pour l’automne et l’hiver prochains. Si les restrictions concernant les voyages à l’étranger demeurent, les Québécois devraient encore une fois demeurer dans la province et visiter ses régions. S’il devient plus facile de voyager à l’étranger, ce sont les visiteurs internationaux qui devraient recommencer à visiter le Québec.