Tous les (nouveaux) moyens seront bons pour s’amuser cet été, au Québec. Tommy Goyette et François Lebaron ont flairé l’affaire et lancé Ecosurf, une entreprise de location de planches électriques, à Sabrevois. Nous avons testé l’activité sur un lac tranquille, la semaine dernière, et constaté son grand potentiel de déclencheur d’adrénaline !

Publié le 22 mai 2021
Ève Dumas
Ève Dumas La Presse

Il n’est absolument pas nécessaire d’avoir surfé les tubes d’Hawaii pour pouvoir se lever sur les planches électriques Onean choisies par Ecosurf. Le tandem d’amis de longue date souhaite avant tout que le sport puisse procurer sourires et sensations fortes au plus grand nombre. Pour ce faire, il faut d’abord choisir le bon surf.

Sentant notre esprit d’aventure, peut-être, Tommy et François nous ont d’abord fait essayer la Carver X qui, à plein régime, peut atteindre une vitesse de 45 km/h. Comme en surf, la jambe arrière est attachée à la planche avec un leash (terme consacré). Sur celui-ci se trouve une petite corde au bout de laquelle est attaché l’aimant de sécurité. En cas de chute, l’aimant se sépare de la planche et celle-ci s’arrête… sauf quand la plongée involontaire est si brusque que la courroie reste attachée à la planche plutôt qu’à notre jambe, comme ce fut le cas une seule fois pendant notre séance. Cela dit, il y a fort à parier que votre doigt se lèvera de l’accélérateur !

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Notre journaliste Ève Dumas, en plein virage, a fait l’essai de la planche Carver X, puis de la Carver Twin.

Le contrôle de la vitesse se fait avec une toute petite commande Bluetooth (et donc sans fil), de manière bien intuitive. On voudra d’abord s’installer sur le ventre ou à genoux. Comme en surf de mer, c’est quand la planche prend de la vitesse qu’elle devient stable. Sur une surface plane comme celle d’un lac ou d’une baie, cela peut sembler un peu contre-intuitif d’attendre la vitesse maximale pour se lever. C’est pourtant ce qu’il faut faire, sans hésiter une seconde. Sinon, plouf !

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Le contrôle de la vitesse se fait avec une toute petite commande Bluetooth (et donc sans fil), de manière bien intuitive.

Avec un minimum d’équilibre et de confiance, on restera debout sur son surf. La pratique antérieure de planche à neige ou à roulettes aidera surtout pour les virages. La Carver Twin, essayée en deuxième, est plus facile à manœuvrer, grâce, entre autres, à la position du cale-pied. On tourne plus aisément lorsque son poids se trouve vers l’arrière de la planche et non près du nez. C’est en essayant de faire des virages plus serrés qu’on a pris nos plus mémorables « débarques » !

Trois modèles

Trois modèles sont donc proposés. La Carver Twin est la plus polyvalente, pour ceux et celles qui pèsent moins de 180 lb et qui ont plus envie de maniabilité que de puissance. La Carver X, avec ses deux batteries, est mieux adaptée aux grands gabarits qui recherchent aussi un peu plus de vitesse. La Manta, c’est un peu le ponton de la famille, parfaite pour les excursions mollo. On peut même y embarquer à deux (avec un enfant par exemple), pourvu que le poids ne dépasse pas les 300 lb.

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François Lebaron aide Marc-Antoine Baccichet à mettre la Carver Twin à l’eau.

L’autonomie de la batterie dure en moyenne une heure, selon le poids de la personne et l’utilisation qu’elle fait de la planche. Notre Carver X avait encore un peu de jus après une bonne soixantaine de minutes sur l’eau. Les prix de location pour une batterie ou une heure maximum sont de 99,99 $ pour la Manta, 119,99 $ pour la Carver Twin et 149,99 $ pour la Carver X.

Si Tommy et François ont choisi de s’installer au quai Ryan, à Sabrevois, c’est parce que la rivière Richelieu y est à son plus large. On y trouve aussi deux baies où les débutants peuvent faire leurs essais tranquilles. Pour s’énerver un peu plus et sauter quelques vaguelettes, on profite du couloir central.

« C’est super sûr comme endroit, nous assure Tommy. On n’est pas dans le trafic des bateaux. Moi, je serai toujours en navigation dans l’eau avec un zodiac électrique pour m’assurer que les gens respectent les consignes et soient en sécurité. »

Ecosurf s’intègre à un projet de Tourisme Haut Richelieu qui s’appelle Alo Richelieu et qui permet de faire des escales en bateau électrique entre les municipalités riveraines. « Ce sera par exemple possible de faire du surf le matin, de la plongée l’après-midi et de souper sur une terrasse après », raconte le fondateur d’Ecosurf.

L’amour de l’eau

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François Lebaron et Tommy Goyette, amis de longue date, viennent de lancer l’entreprise Ecosurf.

Tommy Goyette a toujours aimé être sur l’eau, que ce soit en bateau, en ski nautique ou en motomarine. « J’aime bien espionner l’Europe pour voir ce qui sort de nouveau là-bas. Ils ont souvent une longueur d’avance sur nous, explique celui qui a fait carrière en vente de machinerie lourde, entre autres. Puis, j’ai vu que le surf électrique bénéficiait d’un gros hype là-bas, alors j’ai commencé à faire des recherches pour trouver les planches les plus accessibles et polyvalentes. Il y en a de très sportives sur lesquelles monsieur et madame Tout-le-Monde auraient du mal à tenir debout. J’ai opté pour Onean, une marque espagnole. »

C’était au mois de mars. Le projet s’est monté à la vitesse grand V.

Je voyais bien que les gens ne pourraient pas voyager encore cet été. Il n’y avait donc pas de meilleur moment que maintenant pour faire découvrir le surf électrique aux Québécois.

Tommy Goyette

« J’ai embarqué mon ami de longue date dans l’histoire, ajoute-t-il. Comme François travaille normalement en événementiel, sa vie professionnelle était un peu au ralenti et il avait le temps de me donner un coup de main.

« Ç’a été rocambolesque comme processus. Je n’ai pas souvenir d’avoir dormi dans les derniers mois ! Mais là, on a huit planches – cinq Carver Twin, deux Manta, une Carver X – et trois Carver X supplémentaires qui s’en viennent bientôt. Les réservations ont déjà commencé à entrer. J’ai même vendu quatre planches à des particuliers. »

Il faut savoir que les surfs d’Onean coûtent entre 9835 $ et 16 099 $. La location reste donc de loin la manière la plus abordable de pratiquer l’activité.

L’histoire du surf à moteur

Le « jet surf » n’est pas une invention nouvelle. L’être humain cherche depuis longtemps un moyen d’avancer debout sur l’eau en faisant le moins d’effort possible. Les premières versions de surfs motorisés remontent aux années 1930. De nombreux modèles se sont succédé, dont celui du légendaire pionnier de la planche de surf Hobart Hobie Alter, avec son moteur hors-bord audacieux, mais peu sûr.

PHOTO STEVE PARSONS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le foil est un autre type de surf à propulsion. Ici, on voit deux surfeurs au large de Bournemouth, dans le sud de l’Angleterre.

Ce n’est qu’en 1982 qu’une planche de surf motorisée « moderne » a fait son apparition, invention de Neil Townsend, propulsée par deux batteries NiCad coûteuses. Dans les années 2000, des marques comme Onean, Radinn, Awake, Fliteboard (hydrofoil) ont enfin réussi à créer des planches aussi amusantes que sûres pour les amateurs de surf qui vivent loin des vagues ou n’aiment pas pagayer à l’infini !

Consultez le site de Jet Surfing Nation (en anglais)
Consultez le site d’Ecosurf